La Journée internationale des femmes 2019 : une réflexion sur les femmes, l’égalité des sexes et la 42e législature

Vous pouvez également consulter d’autres Notes de la Colline en l’honneur de la Journée internationale de la femme

(Available in English: International Women’s Day 2019: A Reflection on Women, Gender Equality and the 42nd Parliament)

La participation des femmes dans la politique canadienne et au Parlement du Canada ne date pas d’hier. Il y a plus de 100 ans, les femmes ont commencé à faire pression pour obtenir le droit de vote aux élections fédérales et pour représenter les intérêts de leurs concitoyens en exerçant les fonctions de députées ou de sénatrices.

Les femmes et le Parlement du Canada

Au fédéral, la Loi des électeurs militaires et la Loi des élections en temps de guerre ont accordé le droit de vote aux femmes dès 1917. En 1918, la plupart d’entre elles ont obtenu ce droit avec l’adoption de la Loi ayant pour objet de conférer le droit de suffrage aux femmes. La plupart des Canadiens d’origine asiatique, des Inuits et des membres des Premières Nations, hommes ou femmes, n’ont été en mesure de voter au fédéral qu’en 1949, en 1950 et en 1960 respectivement. D’autres groupes de femmes, comme les femmes noires, ont longtemps fait l’objet de préjugés et de discrimination ayant pu influer sur leur décision de voter.

La Chambre des communes a accueilli sa première députée, Agnes Macphail, en 1921 seulement. Et pendant des dizaines d’années, divers autres groupes de femmes sont demeurés absents des Communes. Par exemple, Ethel Blondin-Andrew a été la première députée des Premières Nations en 1988, tandis que Jean Augustine a été la première députée noire en 1993.

En revanche, les femmes ont dû attendre 1929 pour être admissibles à une nomination au Sénat, droit qu’elles ont obtenu grâce aux efforts de cinq femmes qui se sont battues pour être reconnues comme des personnes aux yeux de la loi (affaire « personne »).

Même si la première sénatrice, Cairine Wilson, a été nommée en 1930, certains groupes de femmes sont demeurés sous-représentés pendant plusieurs décennies. Par exemple, Anne C. Cools est devenue la première sénatrice noire en 1984, tandis que les premières sénatrices des Premières Nations, Lillian Eva Dyck et Sandra Lovelace Nicholas, n’ont pas été nommées avant 2005, soit près de 50 ans après la nomination du premier sénateur des Premières Nations, James Gladstone, en 1958.

Les femmes et la 42e législature

Au 1er janvier 2019, dans le monde, la représentation des femmes au sein des parlements unicaméraux ou de la chambre basse des parlements nationaux atteignait 24,3 %. À la même date, au Parlement du Canada, cette proportion était de 26,9 % (ce qui plaçait le pays au 62e rang sur 193 pays). C’est à la 42e législature que la représentation des femmes a atteint un sommet, tant à la Chambre des communes qu’au Sénat (voir figure 1).

Figure 1 – La représentation des femmes au Parlement du Canada depuis la 14e législature

Le diagramme à barres de la figure 1 illustre le pourcentage de femmes à la Chambre des communes et au Sénat depuis la 14e législature. L’axe horizontal représente le temps écoulé entre la 14e et la 42e législature. Les barres correspondant à la Chambre des communes font ressortir une tendance à la hausse, la proportion de femmes passant de 0,4 % à la 14e législature à 5,5 % à la 32e législature, puis à 20,3 % à la 36e législature. À 26,7 %, la représentation des femmes a atteint un sommet à la 42e législature. Les barres correspondant au Sénat font elles aussi ressortir une tendance à la hausse. On y voit que les femmes y ont à peu près toujours été mieux représentées qu’à la Chambre des communes. La première sénatrice a été nommée à la 16e législature. À ce moment, les sénatrices représentaient 0,9 % de toute la Chambre haute. La représentation des femmes au Sénat est passée à 11,2 % à la 32e législature, pour dépasser 20 % à la 35e législature. À 45,5 %, la représentation des femmes a atteint un sommet à la 42e législature.

Note : Les données concernant la 42e législature sont à jour en date du 26 février 2019. À cette date, les résultats des élections partielles du 25 février 2019 n’étaient pas officiels.
Source : Figure préparée par la Bibliothèque du Parlement à l’aide de données tirées de Parlement du Canada, « Parlementaires », Parlinfo.

Au total, en date du 26 février 2019, 322 femmes ont été élues à la Chambre des communes depuis 1867; elles représentent donc 7,3 % de tous les députés depuis la première législature. La représentation des femmes à la Chambre des communes et au Sénat a également augmenté depuis le début de la 42e législature, en 2015, comme le montre la figure 2.

Figure 2 – La représentation des femmes au Parlement du Canada durant la 42e législature

La figure 2 compare la représentation des femmes au Parlement entre le 19 octobre 2015 et le 26 février 2019. Le 19 octobre 2015, les femmes occupaient 26 % des sièges de la Chambre des communes, comparativement à 27 % le 26 février 2019. Au Sénat, elles occupaient 37 % des sièges le 19 octobre 2015, et 47 % le 26 février 2019.

Source : Figure préparée par la Bibliothèque du Parlement à l’aide de données tirées de Parlement du Canada, « Parlementaires », Parlinfo.

Même si la représentation des femmes n’a pas cessé d’augmenter depuis 1921, la Chambre des communes du Canada n’a pas encore atteint la cible (30 %) [en anglais seulement] établie par le Conseil économique et social des Nations unies pour la représentation des femmes au sein des postes de décision et de leadership. De plus, le Canada a eu une seule première ministre de toute son histoire, la très honorable Kim Campbell, en 1993.

L’égalité des sexes et la 42e législature

Depuis le début de la 42e législature, diverses mesures législatives portant sur les droits des femmes et l’égalité des sexes ont été adoptées ou présentées. En voici quelques exemples :

Depuis le début de la 42e législature, les comités parlementaires ont travaillé sur plusieurs études qui portent sur les questions liées au genre. Par exemple :

Les délégations canadiennes de diverses associations parlementaires se concentrent en outre sur les questions liées au genre lorsqu’elles participent à des conférences et à des rencontres internationales. Par exemple :

Ressources connexes

Union interparlementaire, Les femmes au Parlement en 2017 : Regard sur l’année écoulée, 2018.

Linda Trimble, Jane Arscott et Manon Tremblay (dir.), Stalled: The Representation of Women in Canadian Governments, UBC Press, 2013. [En anglais seulement].

Manon Tremblay, 100 questions sur les femmes et la politique, 2015.

Rosamund Shreeves, Spotlight on Women in Politics, European Parliamentary Research Service Blog, 5 mars 2019. [En anglais seulement].

Auteures : Clare Annett, Dominique Montpetit et Mathilde Chartrand, Bilbiothèque du Parlement