Résumé – L’énergie nucléaire et la gestion des déchets radioactifs au Canada

(Available in English: Executive Summary – Nuclear Energy and Radioactive Waste Management in Canada)

Une trentaine de pays dans le monde, dont le Canada, utilisent l’énergie nucléaire, laquelle fournit un peu plus de 10 % de l’électricité à l’échelle mondiale. Toutefois, la production de cette énergie génère des déchets radioactifs sans utilisation prévisible et dont la durée de vie radioactive peut atteindre plus d’un million d’années.

Un consensus se dégage donc à l’échelle internationale quant à la nécessité de trouver des solutions permanentes pour l’entreposage à long terme (c.-à-d. le stockage) de ces déchets. Or, comment le Canada gère-t-il ses déchets radioactifs à l’heure actuelle et comment envisage-t-il de les gérer à long terme? De quelle manière les autres pays producteurs d’énergie nucléaire abordent-ils cette question?

Cette étude examine le cadre de gouvernance pour la gestion des déchets radioactifs au Canada et décrit les différents projets de stockage proposés à ce jour ainsi que le processus décisionnel qui les encadre.

Les projets de stockage varient selon les différentes catégories de déchets radioactifs, lesquels exigent un type de confinement et d’isolement spécifique à leur niveau de risque afin de protéger la santé humaine et l’environnement. Par exemple, les déchets de faible activité radioactive, comme les sols contaminés et le matériel utilisé dans les centrales nucléaires, peuvent être entreposés à long terme dans des installations près de la surface. En comparaison, les déchets de haute activité, c’est-à-dire le combustible nucléaire usé, et une partie des déchets de moyenne activité, comme les anciennes pièces de réacteurs nucléaires, pourraient devoir être confinés et isolés dans des dépôts géologiques en profondeur pendant des centaines de milliers d’années, voire des millions d’années.

Au Canada, quatre projets de gestion à long terme des déchets de faible et de moyenne activité devraient voir le jour dans les prochaines années. Trois de ces projets visent à stocker dans des installations près de la surface des déchets de faible activité appartenant aux Laboratoires Nucléaires Canadiens. Deux de ces projets sont déjà en construction (Port Hope et Port Granby) et l’autre en est à la phase d’approbation (Chalk River). Un projet de dépôt géologique en profondeur pour le stockage des déchets de faible et de moyenne activité appartenant à Ontario Power Generation qui était en cours d’approbation a été rejeté dans sa forme actuelle à la suite d’un vote de ratification tenu au sein de la Nation Ojibway de Saugeen. Une solution de rechange devra être envisagée.

En ce qui a trait aux déchets de haute activité, la Société de gestion des déchets nucléaires a été créée en 2002 à titre d’organisme à but non lucratif afin d’élaborer et de mettre en œuvre un plan national de gestion à long terme de l’ensemble du combustible nucléaire usé du Canada. Ce plan, connu sous le nom de la Gestion adaptative progressive, devrait conduire à la sélection d’un site adéquat pour accueillir un dépôt géologique en profondeur.

Par ailleurs, des progrès technologiques pourraient offrir la possibilité de réduire la production de déchets ou de les utiliser de manière plus efficace. Il n’en demeure pas moins que les pays qui ont recours à l’énergie nucléaire doivent envisager de mettre en place un système de gestion à long terme pour isoler de manière sûre les déchets radioactifs.

Lisez le texte intégral de l’étude générale : L’énergie nucléaire et la gestion des déchets radioactifs au Canada

Auteurs : Xavier Deschênes-Philion et Sophie Leduc, Bibliothèque du Parlement