Résumé – L’insécurité alimentaire dans le Nord canadien : un aperçu

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L’insécurité alimentaire est généralement définie comme l’absence d’un accès sûr à une quantité suffisante d’aliments salubres et nutritifs. Ces dernières années, les taux d’insécurité alimentaire des ménages ont augmenté au Canada, la situation étant disproportionnellement plus marquée dans le Nord qu’ailleurs au pays, avec des taux d’insécurité alimentaire des ménages qui atteignent 21,8 % au Yukon, 34,2 % aux Territoires du Nord Ouest et 58,1 % au Nunavut, selon les données de Statistique Canada pour 2023.

Parmi les habitants du Nord, les Autochtones sont particulièrement à risque de vivre dans l’insécurité alimentaire. Les taux élevés d’insécurité alimentaire au sein des populations nordiques et autochtones peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment l’éloignement et l’isolement relatifs de leurs collectivités, les difficultés financières et les inégalités socioéconomiques, les effets persistants des politiques coloniales, les changements climatiques, la dépossession environnementale et la présence de contaminants dans l’environnement. L’insécurité alimentaire a de graves conséquences sur la santé et le bien-être, et elle est entre autres associée à la malnutrition, aux infections, aux maladies chroniques, à l’obésité, à la détresse, à l’exclusion sociale, à la dépression et à l’idéation suicidaire.

En accordant une contribution aux détaillants, fournisseurs et producteurs locaux admissibles de communautés isolées et éloignées, Nutrition Nord Canada, un programme fédéral de subvention des aliments, s’attaque à l’une des causes de l’insécurité alimentaire : le coût élevé des aliments nutritifs dans le Nord. Depuis sa mise en place en 2011, le programme a fait l’objet de critiques et les observateurs estiment que le coût des aliments périssables et nutritifs demeure trop élevé pour un trop grand nombre de familles dans le Nord. En mars 2021, le coût moyen des denrées alimentaires nécessaires pour nourrir sainement une famille de quatre personnes pendant une semaine dans le Nord s’élevait à 419,11 $ (une diminution de 1,73 %, ou 7,37 $, depuis la création du programme en 2011). Au fil des ans, le gouvernement fédéral a considérablement modifié le programme pour remédier à ses lacunes.

Des initiatives locales, régionales, provinciales et territoriales ont également été mises en œuvre pour réduire l’insécurité alimentaire dans le Nord. Celles-ci comprennent un large éventail de mesures, allant de la création de guides alimentaires adaptés sur le plan culturel à des initiatives exhaustives de réduction de la pauvreté. Les collectivités se dotent aussi de leurs propres solutions, notamment des banques alimentaires, des soupes populaires et des programmes d’aide aux activités de chasse et de récolte. Pour s’attaquer au problème, l’Inuit Tapiriit Kanatami, un organisme national de défense des droits et des intérêts des Inuits du Canada, a publié sa Stratégie sur la sécurité alimentaire dans l’Inuit Nunangat en 2021.

Grave enjeu de santé publique, l’insécurité alimentaire est en augmentation depuis quelques années. Pour réduire l’insécurité alimentaire dans le Nord, le gouvernement du Canada et ses partenaires devront s’attaquer à ses racines sociales, économiques et environnementales.

Lisez le texte intégral de l’étude générale : L’insécurité alimentaire dans le Nord canadien : un aperçu

Par Olivier Leblanc-Laurendeau, Bibliothèque du Parlement



Catégories :Affaires autochtones, Économie et finances, Gouvernement, Parlement et politique, Résumé, Santé et sécurité

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