Depuis plusieurs décennies, la société d’État VIA Rail Canada Inc. (VIA Rail) créée en 1977, dispose d’une marge de manœuvre limitée pour améliorer ses services, car ses trains circulent en majorité sur des voies partagées avec des trains de marchandises. VIA Rail dépend largement des fonds du gouvernement du Canada pour financer ses opérations. Depuis sa création, elle n’a jamais réussi à atteindre l’autonomie financière ni à devenir rentable.
Le 19 février 2025, le gouvernement fédéral a annoncé le lancement d’un projet de train à grande vitesse (TGV) entre Québec et Toronto avec des arrêts prévus dans les villes de Québec, Trois-Rivières, Laval, Montréal, Ottawa, Peterborough et Toronto. Le TGV circulera sur environ 1 000 kilomètres de voies électrifiées et principalement réservées au transport de passagers. Ce projet devra se conformer à diverses exigences réglementaires, notamment en matière d’environnement, de sécurité et d’accessibilité, et sera réalisé après consultation des collectivités et des peuples autochtones concernés.
Le projet de TGV sera réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé entre la société d’État Alto, créée en 2022 initialement sous le nom de VIA HFR – VIA TGF Inc., et le groupe Cadence, qui a été choisi comme partenaire privé en février 2025. Le projet se trouve actuellement en phase de développement et plusieurs de ses éléments, tels que le tracé final, la fréquence des départs, le coût et l’échéance de la mise en service, devraient être connus à la fin de cette phase. Cela dit, en décembre 2025, le gouvernement fédéral a annoncé que la construction du segment Montréal-Ottawa devrait commencer en 2029.
Le Canada ne dispose pas pour le moment de lignes de TGV, mais celles-ci ont gagné en popularité au cours des dernières décennies, en particulier en Europe et en Asie. Le TGV est plus coûteux à construire qu’un train traditionnel, car ce type de ligne ferroviaire nécessite des aménagements supplémentaires pour que les trains puissent atteindre de hautes vitesses de pointe (environ 300 km/h). Alto a indiqué que les « hypothèses de travail préliminaires » suggèrent que le coût pour la construction du projet pourrait se situer entre 60 et 90 milliards de dollars. L’estimation des coûts sera ajustée progressivement à mesure que les dépenses liées à l’acquisition de terrains, à la construction des infrastructures de soutien et à la structure ferroviaire elle-même seront précisées.
Pour que le projet de TGV entre Québec et Toronto soit autonome sur le plan financier, il faudra que les voyageurs adoptent le TGV pour leurs déplacements interurbains le long du corridor. Alto avance qu’avec le TGV, la demande annuelle de voyages pourrait atteindre 24 millions de voyages interurbains dans le corridor d’ici 2055 et jusqu’à 43 millions d’ici 2084, une augmentation significative par rapport à la moyenne de 4,5 millions pour l’ensemble du réseau de VIA Rail en 48 années d’existence.
Lisez le texte intégral de l’étude générale : VIA Rail : son passé, son present et le projet de train à grande vitesse
Par Geneviève Gosselin, Sarah Houle et Dillan Theckedath, Bibliothèque du Parlement
Catégories :Économie et finances, Industrie, entreprises et commerce, Résumé