Statistiques de 2018 sur les pêches commerciales au Canada

(Available in English: Statistics For Canada’s 2018 Commercial Fisheries)

En 2018, la part des pêches commerciales dans l’économie canadienne, incluant les pêches en mer et en eau douce, représentait plus de 3,7 milliards de dollars et 45 907 emplois, et celle des transformateurs de poissons et de fruits de mer, qui comprennent les installations de préparation et de conditionnement des produits, 6,6 milliards de dollars et 26 429 emplois.

Au Canada, les pêches commerciales sont importantes pour l’économie nationale, mais elles sont capitales pour les collectivités rurales côtières. En effet, le Conseil canadien des pêcheurs professionnels a estimé que plus de 1 100 collectivités canadiennes dépendent des pêches commerciales et de leurs activités dérivées.

Cependant, les pêches commerciales ne sont pas toutes pareilles; elles sont aussi diversifiées que les pêcheurs qui les pratiquent et les régions où ils pêchent. La gestion des pêches commerciales varie donc en fonction des espèces et des régions.

Le présent document donne un aperçu des pêches commerciales canadiennes sur la côte Est, sur la côte Ouest, dans l’Arctique et en eau douce. On y parle des principales espèces pêchées à des fins commerciales en 2018, des marchés d’exportation et des particularités de chacune de ces pêches.

Les pêches de la côte Est

 

La figure présente les données sur les trois principales espèces pêchées à des fins commerciales sur la côte Est du Canada en 2018. La principale espèce pêchée était le homard, avec une valeur au débarquement de 1,4 milliard de dollars (45 % de la valeur totale des débarquements). Ses principaux marchés d’exportation étaient les États-Unis (68 %), la Chine (13 %) et la Corée du Sud (5 %). Au deuxième rang des espèces les plus pêchées à des fins commerciales en 2018 se trouvait le crabe des neiges, dont la valeur au débarquement s’élevait à 755 millions de dollars (24 % de la valeur totale des débarquements). Ses principaux marchés d’exportation étaient les États-Unis (72 %), la Chine (16 %) et le Japon (5 %). Au troisième rang en 2018 se trouvait la crevette, dont les débarquements avaient une valeur de 365 millions de dollars (12 % de la valeur totale des débarquements). Ses principaux marchés d’exportation étaient la Chine (50 %), le Danemark (14 %) et l’Islande (9 %).

Note : Par « débarquement », on entend la partie des prises amenées à quai. Par conséquent, le « poids au débarquement » désigne le poids des prises amenées à quai (habituellement exprimé en tonnes), et la « valeur au débarquement » fait référence à la valeur des prises amenées à quai. Voir Pêches et Océans Canada, Pêche commerciale.
Sources : Figure préparée par la Bibliothèque du Parlement à partir de données tirées de Pêches et Océans Canada, Pêches maritimes, débarquements par province, 2018; et gouvernement du Canada, Données sur le commerce en direct.

  • Débarquements, en valeur (2018) : 3,17 milliards de dollars.
  • Total des débarquements, en poids (2018) : 608 331 tonnes.
  • Nombre de détenteurs de permis de pêche commerciale (2018) : 16 332.
  • Nombre de permis de pêche commerciale délivrés (2018) : 75 755.
  • Nombre d’embarcations enregistrées (2018) : 16 079.
  • En 2007, Pêches et Océans Canada a adopté la politique sur la Préservation de l’indépendance de la flottille de pêche côtière dans l’Atlantique canadien (PIFPCAC) pour « s’assurer que les pêcheurs côtiers demeurent indépendants et que les privilèges découlant des permis de pêche profitent aux pêcheurs et aux collectivités côtières ». L’un des objectifs de la politique sur la PIFPCAC est de renforcer les politiques sur le propriétaire-exploitant et sur la séparation des flottilles. La Politique de la séparation des flottilles établit une séparation entre la propriété dans le secteur des pêches et la propriété dans le secteur de la transformation, en empêchant les entreprises de transformation de faire l’acquisition des permis de pêche des embarcations côtières (celles faisant moins de 19,8 m ou 65 pi). La Politique du propriétaire-exploitant exige que le titulaire du permis pour embarcation côtière soit présent à bord pendant les activités de pêche.
  • En 2019, la Loi sur les pêches a été modifiée de manière à ajouter à la liste des critères dont le ministre peut tenir compte pour prendre des décisions en vertu de la Loi, les facteurs sociaux, économiques et culturels et la préservation ou la promotion de l’indépendance des titulaires de licences ou de permis dans le cadre des pêches côtières commerciales (art. 2.5).

Les pêches de la côte Ouest

La figure présente les données sur les trois principales espèces pêchées à des fins commerciales sur la côte Ouest du Canada en 2018. La principale espèce pêchée était le saumon du Pacifique, dont les débarquements avaient une valeur de 91 millions de dollars (18 % de la valeur totale des débarquements). Ses principaux marchés d’exportation étaient les États-Unis (47 %), le Royaume-Uni (19 %) et le Japon (12 %). Deux espèces occupaient les deuxième et troisième rangs des espèces les plus pêchées à des fins commerciales en 2018, soit le crabe et le merlu respectivement, avec une valeur au débarquement de 64 millions de dollars (13 % de la valeur totale des débarquements). Les principaux marchés d’exportation pour le crabe étaient la Chine (92 %), les États-Unis (6 %) et le Singapour (1 %). Les principaux marchés d’exportation pour le merlu étaient l’Ukraine (37 %), la Chine (21 %) et l’Afrique du Sud (11 %).

Sources : Figure préparée par la Bibliothèque du Parlement à partir de données tirées de Pêches et Océans Canada, Pêches maritimes, débarquements par province, 2018; et gouvernement du Canada, Données sur le commerce en direct.

  • Débarquements, en valeur (2018) : 499 millions de dollars.
  • Total des débarquements, en poids (2018) : 191 227 tonnes.
  • Nombre de détenteurs de permis de pêche commerciale (2018) : 5 462.
  • Nombre de permis de pêche commerciale délivrés (2018) : 6 182.
  • Nombre d’embarcations enregistrées (2018) : 2 351.
  • Contrairement au système d’octroi des permis pour la côte Est, les permis pour la pêche de la côte Ouest peuvent être détenus tant par les pêcheurs que les non‑pêcheurs. Les activités de pêche n’ont pas à être effectuées par le titulaire du permis de pêche commerciale et ce dernier peut louer son permis à d’autres.

Les pêches arctiques

Cartes des territoires canadiens et des zones 0AB de l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord‑Ouest

La figure est une carte qui illustre les trois territoires du Canada : le Nunavut est représenté par une couleur plus foncée que le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest. Les zones de pêche 0AB de l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest sont également illustrées sur la carte au moyen d’une autre couleur.

 

Sources : Carte produite par la Bibliothèque du Parlement, Ottawa, 2019, à partir de données tirées de l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest (OPANO), « Divisions », NAFO Geographic Information, consultées le 3 octobre 2019; et Ressources naturelles Canada (RNCan), Limites administratives au Canada — Série CanVec — Entités administratives, 1:15M, 2019. Logiciels utilisés : Esri, ArcGIS PRO version 2.4.1. Contient de l’information visée par la Licence du gouvernement ouvert — Canada.

  • Des activités de pêche côtière sont pratiquées au large des côtes du Nunavut dans les zones 0AB de l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord‑Ouest (OPANO).
      • Les trois principales espèces récoltées dans les zones 0AB en 2018 étaient la crevette nordique (5 012 tonnes), le flétan du Groenland/turbot (3 799 tonnes) et la crevette ésope (55 tonnes).
      • Aucune installation de transformation ne sert la flottille côtière dans l’Arctique canadien. En conséquence, les prises dans l’Arctique sont habituellement transformées à Terre‑Neuve‑et‑Labrador, en Nouvelle‑Écosse ou au Groenland.
  • La Nunavut Fisheries Association estime que la pêche hauturière dans les zones 0AB a rapporté 112 millions de dollars à l’économie du Nunavut et procuré quelque 1 000 emplois [en anglais seulement] aux Nunavummiuts en 2019.
  • En 2018, le Nunavut a exporté l’équivalent de 40,8 millions de dollars en poissons et fruits de mer, le tout à destination des États‑Unis. Il s’agit toutefois d’une baisse par rapport au sommet de 1,37 milliard de dollars atteint en 2013, avec une diminution des exportations vers les marchés asiatiques.
  • L’omble chevalier constitue une pêche côtière lucrative au Nunavut. En 2015, 72 tonnes, d’une valeur marchande de 1,8 million de dollars, ont été récoltées. L’omble chevalier est transformé à Rankin Inlet, à Pangnirtung et à Cambridge Bay.
  • En 2016, le ministère de l’Environnement du Nunavut a publié sa Stratégie des pêches du Nunavut 2016—2020, laquelle mettait l’accent sur sept secteurs prioritaires : science, gouvernance, accès, développement des capacités, production de recettes, infrastructure et accès au marché.

Les pêches en eau douce

La figure présente les données sur les trois principales espèces d’eau douce pêchées à des fins commerciales au Canada en 2018. L’espèce d’eau douce qui occupait le premier rang était le doré jaune, dont la valeur au débarquement était de 38 millions de dollars (51 % de la valeur totale des débarquements). La deuxième espèce la plus pêchée à des fins commerciales en 2018 était le corégone, dont la valeur au débarquement s’élevait à 13 millions de dollars (17 % de la valeur totale des débarquements). La troisième espèce d’eau douce la plus pêchée était le crapet de roche, dont la valeur au débarquement était de 2 millions de dollars (3 % de la valeur totale des débarquements). Les principaux marchés d’exportation pour les espèces d’eau douce pêchées à des fins commerciales en Ontario en 2018 étaient les États-Unis (93 %), la Chine (1 %) et le Japon (1 %). Les principaux marchés d’exportation pour les espèces d’eau douce pêchées à des fins commerciales au Manitoba en 2018 étaient les États-Unis (82 %), la Finlande (7 %) et la France (5 %). Les États-Unis constituaient le seul marché d’exportation pour les espèces d’eau douce pêchées à des fins commerciales en Saskatchewan en 2018.

Sources : Figure préparée par la Bibliothèque du Parlement à partir de données tirées de Pêches et Océans Canada, Débarquements, pêches en eau douce; et gouvernement du Canada, Données sur le commerce en direct.

  • Des activités de pêche commerciale en eau douce sont aussi pratiquées au Québec et au Nouveau‑Brunswick; toutefois, étant donnée la prédominance des pêches commerciales maritimes dans ces provinces, il a été impossible d’obtenir des données d’exportation pour les espèces d’eau douce.
      • En 2018, les pêches commerciales en eau douce du Nouveau‑Brunswick étaient essentiellement constituées de gaspareau et d’anguille, et la valeur totale des débarquements était de 1,21 million de dollars.
      • En 2018, les pêches commerciales en eau douce du Québec étaient essentiellement constituées d’anguille, d’esturgeon et de poisson‑chat, et la valeur totale des débarquements était de 1,17 million de dollars.
  • Selon Pêches et Océans Canada, des activités de pêche commerciale au saumon en eau douce [en anglais seulement] ont cours en Colombie‑Britannique, exercées par les Premières Nations, ainsi que des activités de pêche des excédents de géniteurs.
  • La pêche commerciale en Alberta est fermée depuis 2014 [en anglais seulement].
  • L’Office de commercialisation du poisson d’eau douce (OCPED), dont le siège est à Winnipeg (Manitoba), achète, transforme, met en marché, entrepose et exporte du poisson d’eau douce dans le cadre d’ententes avec les provinces. L’OCPED est actuellement le seul négociant du poisson d’eau douce des Territoires du Nord-Ouest. Le Manitoba et la Saskatchewan, qui se sont retirés de l’OCPED, continuent de vendre leur poisson à l’Office aux termes de contrats passés avec celui-ci. L’Ontario s’est retiré de l’OCPED en 2011, préférant vendre ses produits de poisson d’eau douce sur le marché libre.

Auteurs : Michael Chalupovitsch, Daniele Lafrance et Thai Nguyen, Bibliothèque du Parlement