Financement fédéral de la recherche en santé au Canada

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La recherche en santé renvoie à toute recherche liée à la santé, aux systèmes de santé ou à la prestation des soins de santé. Le financement de la recherche en santé provient de diverses sources, notamment du gouvernement fédéral, des gouvernements provinciaux et territoriaux, des établissements d’enseignement supérieur comme les universités, de l’industrie, y compris les entreprises du secteur de la santé, ainsi que d’organisations non gouvernementales telles que les organismes de bienfaisance en santé.

Sources du financement fédéral

Organismes subventionnaires fédéraux

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) constituent la principale source de financement fédéral pour la recherche en santé. Les IRSC financent la recherche biomédicale, la recherche clinique, la recherche sur les systèmes et les services de santé, ainsi que la recherche sur la santé des populations. La figure 1 montre le financement des IRSC par thème de recherche principal de 2006-2007 à 2025‑2026. 

Figure 1 – Financement accordé par les Instituts de recherche en santé du Canada, par thème de recherche principal, de 2006-2007 à 2025-2026 (en millions de dollars)

Le financement global accordé par les Instituts de recherche en santé du Canada a augmenté substantiellement entre 2006 et 2010, passant d’un peu plus de 750 millions de dollars à près d’un milliard de dollars. Il est ensuite demeuré relativement stable jusqu’en 2016, avant d’augmenter d’une année à l’autre et de dépasser les 1,4 milliard de dollars en 2020-2021. Le niveau de financement a diminué entre 2021-2022 et 2025-2026, mais est demeuré au-dessus de 1,2 milliard de dollars. Les projets financés sont liés, par ordre d’importance, à la recherche biomédicale, la recherche clinique, la recherche sur les systèmes de santé, et à la recherche sur la santé des populations. La proportion des fonds attribués à chacun de ces thèmes de recherche est restée relativement stable sur la période.

Source : Figure préparée par la Bibliothèque du Parlement à partir de données tirées de Instituts de recherche en santé du Canada, Les IRSC en chiffres.

Par l’entremise de leurs 13 instituts « virtuels », les IRSC financent des projets de recherche libre, ainsi que des projets de recherche priorisée dans des domaines désignés par le gouvernement fédéral. Les IRSC offrent aussi un soutien financier aux étudiants des cycles supérieurs et aux boursiers postdoctoraux au cours de leur formation en recherche. La figure 2 présente l’appui des IRSC pour la recherche en santé par type de financement entre 2006-2007 et 2025-2026.

Figure 2 – Appui offert par les Instituts de recherche en santé du Canada, par type de financement, de 2006-2007 à 2025-2026 (en millions de dollars)

Sur l’ensemble de la période examinée, la plus grande part des subventions de recherche est allée à la recherche libre (entre 60 et 70 % environ du financement total), puis à la recherche dans les domaines prioritaires et enfin dans la formation et le soutien professionnel. Entre 2006-2007 et 2007-2008, le montant des fonds affectés à la recherche dans les domaines prioritaires a augmenté substantiellement. Cette hausse a été suivie d’une période de stagnation relative jusqu’en 2019-2020. Avec l’éclosion de la pandémie de COVID-19, le financement pour la recherche dans les domaines prioritaires a augmenté de façon marquée, avant de reculer progressivement au cours des années suivantes.

Source : Figure préparée par la Bibliothèque du Parlement à partir de données tirées de Instituts de recherche en santé du Canada, Les IRSC en chiffres.

Le budget des IRSC a augmenté substantiellement en 2020‑2021 en raison du besoin accru de recherche priorisée dans le cadre de la pandémie de COVID‑19. De mars 2020 à octobre 2022, les IRSC ont investi 414 millions de dollars pour financer plus de 965 projets de recherche sur la COVID-19 dans des domaines comme les diagnostics, les traitements, les mesures de santé publique et les stratégies de communication.

En février 2021, les IRSC ont publié leur plan stratégique pour 2021-2031. Au cours de cette période, ils prévoient mettre l’accent sur l’élaboration d’une vision plus inclusive de la recherche en santé avec cinq objectifs prioritaires :

  • promouvoir l’excellence de la recherche dans toute sa diversité;
  • renforcer la capacité de recherche en santé au Canada;
  • accélérer l’autodétermination des Autochtones dans la recherche en santé;
  • favoriser l’équité en santé par la recherche;
  • assurer la prise en compte des données probantes dans les décisions en santé.

Si les IRSC constituent la principale source de financement fédéral de la recherche en santé, d’autres organismes subventionnaires fédéraux et des fondations y contribuent également. Les IRSC, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie et le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) sont les trois organismes subventionnaires fédéraux et ils administrent des programmes de financement conjoints. Selon leur mandat respectif prescrit par la loi, les trois organismes subventionnaires se concentrent sur le financement de la recherche externe (menée à l’extérieur de ces organismes). Deux des plus importants programmes financés par ces trois organismes sont le Programme des chaires de recherche du Canada et le fonds Nouvelles frontières en recherche. Par ailleurs, le Fonds de recherche biomédicale du Canada est administré par le CRSH au nom des trois organismes. Lancé en 2022-2023 et doté d’un budget de 250 millions de dollars sur quatre ans, le Fonds vise à appuyer la recherche appliquée à haut risque ainsi que la formation et le développement du talent afin de soutenir la capacité de biofabrication au pays.

Autres ministères et organismes

  • Le Conseil national de recherches Canada (CNRC) mène des activités de recherche à l’interne dans 12 centres de recherche, en plus de participer à certains projets de collaboration. Parmi les programmes de recherche du CNRC, plusieurs portent sur la santé et les activités sont principalement menées dans deux centres de recherche : le Centre de recherche en thérapeutique en santé humaine (qui compte plusieurs installations) et le Centre de recherche sur les dispositifs médicaux. Dans le cadre de son programme d’aide à la recherche industrielle, le CNRC offre aussi un soutien financier aux petites et moyennes entreprises pour la recherche externe axée sur la technologie, y compris dans le secteur de la santé.
  • Le Laboratoire national de microbiologie de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) étudie les maladies infectieuses connues et nouvelles. On y examine les caractéristiques des agents pathogènes, y compris leurs modes de transmission et les méthodes de détection de l’infection (diagnostic), en plus d’y mettre au point des traitements et des vaccins. L’ASPC et Santé Canada contribuent à différents types de projets de recherche, notamment des activités de recherche interne, des activités de recherche externe en collaboration avec des chercheurs externes, des activités de recherche menées par des chercheurs non affiliés utilisant les installations de Santé Canada ou de l’ASPC, et des activités de recherche externe menées en sous-traitance.
  • Le Fonds de réponse stratégique (FRS), administré par Innovation, Sciences et Développement économique Canada, a succédé au Fonds stratégique pour l’innovation (FSI) en 2025. Présenté dans le budget de 2017, le FSI fut créé afin de simplifier et de regrouper les programmes de technologie novateurs existants. Le FRS reprend ce mandat et priorise les industries touchées par les perturbations commerciales et les droits de douane, l’innovation d’envergure dans des secteurs clés comme ceux de la biofabrication et des sciences de la vie, et l’infrastructure de l’intelligence artificielle.

Organismes sans but lucratif

  • Génome Canada a été fondé en 2000 pour financer la recherche génomique, notamment en santé. Avec les gouvernements provinciaux et d’autres intervenants, l’organisme cofinance des projets scientifiques à grande échelle, des technologies de pointe et des programmes et initiatives de transformation par l’entremise de six centres régionaux de recherche génomique répartis dans l’ensemble du pays.
  • Créée en 1997, la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) finance l’infrastructure de recherche, comme les laboratoires, l’équipement, les bâtiments et les bases de données nécessaires à la recherche. À l’instar de Génome Canada, le financement qu’offre la FCI ne se limite pas à la santé et porte sur de nombreuses applications. La FCI bénéficie d’un soutien fédéral de 5,13 milliards de dollars sur 15 ans à compter de 2018-2019, y compris une somme permanente pouvant atteindre 450,55 millions de dollars par année à compter de 2023-2024.

Comparaison des dépenses de recherche en santé au Canada et dans certains pays

Statistique Canada publie des données sur les dépenses totales du gouvernement fédéral en sciences et technologie, selon l’objectif socio-économique, dont la santé (voir la figure 3). Bien que ces données ne concernent pas l’ensemble de la recherche en santé, comme la recherche sur les politiques en santé, elles englobent néanmoins la plupart des dépenses fédérales de recherche et développement en santé.

Figure 3 – Dépenses fédérales de recherche et développement en santé, de 2015-2016 à 2024-2025 (en millions de dollars)

Les dépenses fédérales de recherche et de développement en santé ont augmenté entre 2015–2016 et 2024–2025. Les dépenses pour la recherche menée au sein du gouvernement fédéral (recherche interne) n’ont que faiblement augmenté, et sont passées de 275 millions de dollars à 475 millions de dollars. Le financement de la recherche effectuée dans d’autres établissements (recherche externe) a augmenté à un rythme semblable, et est passé de 1,3 milliard de dollars en 2015–2016 à plus de 1,9 milliard de dollars en 2024–2025.

Source : Figure préparée par la Bibliothèque du Parlement à partir de données tirées de Statistique Canada, « Tableau 27-10-0014-01 : Dépenses de l’administration fédérale en sciences et technologie, selon l’objectif socio‑économique », base de données, consultée le 29 septembre 2026.

L’Observatoire mondial de la recherche-développement en santé de l’Organisation mondiale de la Santé analyse les données internationales que recueillent l’Organisation de coopération et de développement économiques et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, afin de déterminer les priorités de recherche et développement en santé en fonction des besoins en matière de santé publique. La figure 4 montre le montant annuel des subventions de recherche biomédicale offertes par les principaux organismes publics de financement de la recherche en santé dans certains pays. Même en tenant compte des différences démographiques entre les pays et les régions, les États‑Unis représentent le plus important bailleur de fonds public pour la recherche en santé dans le monde. Les données indiquent aussi que le Canada, comparativement aux autres pays et régions et compte tenu de la taille de sa population, est un important bailleur de fonds public pour la recherche en santé.

Figure 4 – Subventions annuelles pour la recherche biomédicale par organisme de financement dans certains pays, 2023 (en millions de dollars américains)

Les National Institutes of Health (NIH), organisme fédéral américain de financement de la recherche en santé, sont de loin les plus importants bailleurs de fonds dans ce domaine. En 2023, les subventions annuelles accordées par les NIH (34,5 milliards) ont dépassé de près de 40 fois celles accordées par l’organisme de financement classé au deuxième rang, à savoir les Instituts de recherche en santé du Canada (875 millions). Viennent ensuite l’Australie (762 millions), le Royaume-Uni (663 millions), la Nouvelle-Zélande (54 millions) et la Suède (49 millions).

Note : SRC, Swedish Research Council (Conseil suédois de la recherche); HRC, Health Research Council (Conseil de la recherche en santé); MRC, Medical Research Council (Conseil de la recherche médicale); NHMRC, National Health and Medical Research Council (Conseil national de la santé et de la recherche médicale); IRSC, Instituts de recherche en santé du Canada; NIH, National Institutes of Health (Instituts nationaux de la santé).

Source : Figure préparée par la Bibliothèque du Parlement à partir de données tirées de Organisation mondiale de la santé, Observatoire mondial de la recherche-développement en santé, « A. Annual grant amount by funder », Investments on grants for biomedical research by funder, type of grant, health category and recipient [en anglais].

Collaboration internationale

Mis en ligne par les National Institutes of Health des États‑Unis, le World RePORT [en anglais] offre une base de données et une carte interactive en libre accès des investissements mondiaux en recherche provenant de certaines des plus importantes organisations de financement de la recherche biomédicale dans le monde. Un examen de la base de données montre que de nombreux investissements sont le fruit de collaborations à l’échelle mondiale. Par exemple, en 2024, les IRSC ont financé 40 projets issus de partenariats internationaux. La proportion des subventions des IRSC financées par l’entremise de collaborations est en augmentation (tant en nombre de subventions qu’en sommes versées) depuis la création de l’organisme en 2000 et représente 15 % du nombre total des subventions en 2025-2026. Les IRSC précisent que ces collaborations facilitent l’accès des chercheurs canadiens à l’expertise, aux technologies et aux installations internationales, tandis que la recherche en santé mondiale met l’accent sur des sujets comme les conséquences de la mondialisation, l’équité en santé, ainsi que les risques transnationaux.

Ressources additionnelles

Association canadienne des neurosciences, Financement de la recherche au Canada – Statistiques récentes, 2024.

Innovation, Sciences et Développement économique Canada, Stratégie en matière de biofabrication et de sciences de la vie du Canada.

Instituts de recherche en santé du Canada, « Responsabilité essentielle : Financement de la recherche et de la formation en santé », Rapport sur les résultats ministériels 2024-2025 des Instituts de recherche en santé du Canada.

Par Camille De La Durantaye-Guillard, Bibliothèque du Parlement

La présente publication s’inspire d’une publication antérieure de la Bibliothèque du Parlement rédigée par Sonya Norris.



Catégories :Affaires sociales et communautaires, Économie et finances, Santé et sécurité, Science et technologie

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