Évaluer l’incidence des interventions budgétaires des pays du G7 pour répondre à la pandémie de COVID-19

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10 décembre 2021, 8h15.

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La pandémie de COVID-19 a forcé les gouvernements à mettre en place des mesures financières exceptionnelles afin de soutenir leur économie. Au Canada, et dans les autres pays du Groupe des sept (G7), ces mesures ont pris la forme de divers programmes de soutien direct (p. ex. Subvention salariale d’urgence du Canada et Prestation canadienne d’urgence), de soutien fiscal à la liquidité (p. ex. report des versements d’impôt, et des remises de la taxe de vente et des droits de douane) et d’autres mesures de soutien à la liquidité et d’allégements du capital (p. ex. Programme de crédit aux entreprises). La présente Note de la Colline examine les mesures financières prises par les pays du G7 pendant la pandémie et évalue comment leur produit intérieur brut (PIB) et leur niveau d’emploi ont réagi. Elle n’examine toutefois pas les répercussions des interventions monétaires des banques centrales du G7 pour répondre à la pandémie de COVID-19, interventions qui ont également eu une incidence indirecte sur ces deux variables économiques.

Interventions budgétaires des pays du G7 pour répondre à la pandémie de COVID-19

Selon le gouvernement du Canada, les dépenses supplémentaires engagées en réaction à la pandémie de COVID-19 et qui ont pris la forme de programmes et de mesures de soutien direct ont atteint 349,8 milliards de dollars; le soutien fiscal à la liquidité, 85,1 milliards de dollars; les autres mesures de soutien à la liquidité pour les entreprises, 81,9 milliards de dollars. Le coût total des interventions du gouvernement fédéral pour répondre à la pandémie de COVID-19 s’élevait donc à 516,7 milliards de dollars au 31 juillet 2021.

Les pays du G7 ont adopté l’une de deux approches budgétaires différentes pour répondre à la pandémie. La première se concentrait sur les dépenses supplémentaires et les recettes cédées pour les particuliers et les entreprises (combinaison de mesures de soutien direct et d’allégements fiscaux). La deuxième était plutôt axée sur les capitaux propres, les prêts et les garanties pour les entreprises (soutien sous forme de liquidités et d’allégements du capital).

De janvier 2020 à septembre 2021, les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada ont accordé plus de soutien sous la forme de dépenses supplémentaires et de recettes cédées que sous la forme de capitaux propres, de prêts et de garanties. Pour leur part, l’Italie, le Japon, l’Allemagne et la France ont accordé plus de soutien sous la forme de capitaux propres, de prêts et de garanties que sous la forme de dépenses supplémentaires et de recettes cédées.

Selon le Fonds monétaire international [en anglais], les trois pays du G7 qui ont fourni le soutien le plus élevé, en pourcentage de leur PIB de 2020, sous forme de dépenses supplémentaires et de recette cédées étaient les États‑Unis (25,5 %), le Royaume-Uni (19,3 %) et le Japon (16,7 %). Les trois pays qui ont fourni le soutien le plus élevé, en pourcentage de leur PIB de 2020, sous forme de capitaux propres, de prêts et de garanties étaient l’Italie (35,3 %), le Japon (28,3 %) et l’Allemagne (27,8 %). La figure 1 présente les interventions budgétaires des pays du G7 pour répondre à la pandémie de COVID-19 en pourcentage de leur PIB de 2020, de janvier 2020 à septembre 2021.

Figure 1 – Interventions budgétaires des pays du G7 pour répondre à la pandémie de COVID-19, de janvier 2020 à septembre 2021
(en pourcentage du produit intérieur brut)

Cette figure illustre les mesures financières relatives à la pandémie de COVID-19 adoptées par chaque pays du G7 de janvier 2020 à septembre 2021, en pourcentage de leur produit intérieur brut (PIB) de 2020. Deux catégories de mesures sont illustrées pour chaque pays : dépenses supplémentaires et recettes cédées; et capitaux propres, prêts et garanties. Les mesures relatives aux dépenses supplémentaires et aux recettes cédées, en pourcentage du PIB de 2020, s’élevaient à 9,6 % pour la France; à 10,9 % pour l’Italie; à 15,3 % pour l’Allemagne; à 15,9 % pour le Canada; à 16,7 % pour le Japon; à 19,3 % pour le Royaume-Uni; et à 25,5 % pour les États-Unis. Les mesures relatives aux capitaux propres, aux prêts et aux garanties, en pourcentage du PIB de 2020, s’élevaient à 2,4 % pour les États-Unis; à 4,0 % pour le Canada; à 15,2 % pour la France; à 16,7 % pour le Royaume-Uni; à 27,8 % pour l’Allemagne; à 28,3 % pour le Japon; et à 35,3 % pour l’Italie.

Note : L’année de référence normalisée pour le produit intérieur brut est 2020.
Source : Figure préparée par la Bibliothèque du Parlement à partir de données tirées de Fonds monétaire international, Fiscal Monitor Database of Country Fiscal Measures in Response to the COVID-19 Pandemic [en anglais], octobre 2021.

Évolution du produit intérieur brut réel des pays du G7

Le déclenchement de la pandémie de COVID-19 a provoqué un recul du PIB réel de tous les pays du G7 jusqu’au deuxième trimestre de 2020. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le PIB réel du Canada a reculé de 13,1 % entre le quatrième trimestre de 2019 et le deuxième trimestre de 2020. Au cours de la même période, la plus petite baisse du PIB réel dans les pays du G7 est survenue au Japon (8,4 %), tandis que la baisse la plus marquée a été enregistrée au Royaume-Uni (21,7 %).

Au troisième trimestre de 2021, le PIB réel des États-Unis excédait son niveau antérieur à la pandémie (quatrième trimestre de 2019) de 1,4 %, tandis que le PIB réel de la France était presque revenu à son niveau d’avant la pandémie. Au Japon, au Royaume-Uni, au Canada, en Italie et en Allemagne, le PIB réel au troisième trimestre de 2021 est demeuré en deçà de celui observé au quatrième trimestre de 2019 (recul de 2,2 %, de 2,1 %, de 1,5 %, de 1,4 % et de 1,1 %, respectivement). L’OCDE estime qu’il faudra attendre jusqu’au deuxième trimestre de 2022 avant que le PIB réel de tous les pays du G7 excède le niveau observé avant la pandémie. La figure 2 illustre la variation de l’indice du PIB réel des pays du G7, du quatrième trimestre de 2019 au quatrième trimestre de 2022.

Figure 2 – Évolution du produit intérieur brut réel des pays du G7,
du quatrième trimestre de 2019 au quatrième trimestre de 2022 (indice, T4 2019 = 0 %)

Cette figure montre l’évolution du produit intérieur brut (PIB) réel des pays du G7, du quatrième trimestre de 2019 au quatrième trimestre de 2022. Le recul le plus important du PIB réel pour tous les pays du G7 s’est produit pendant le deuxième trimestre de 2020, lorsqu’on le compare au quatrième trimestre de 2019. Ce recul a été de 8,4 % au Japon; de 10,1 % aux États-Unis; de 11,6 % en Allemagne; de 13,1 % au Canada; de 18,0 % en Italie; de 18,4 % en France; et de 21,7 % au Royaume-Uni. Au troisième trimestre de 2021, le PIB réel des États-Unis avaient progressé de 1,4 % comparativement au niveau observé au quatrième trimestre de 2019, tandis que le PIB réel de la France était juste en-dessous de son niveau d’avant la pandémie. Au Japon, au Royaume-Uni, au Canada, en Italie, et en Allemagne, le PIB réel au troisième trimestre de 2021 est demeuré en deçà de ce qu’il était au quatrième trimestre de 2019 (inférieur de 2,2 %, de 2,1 %, de 1,5 %, de 1,4 % et de 1,1 %, respectivement). Il faudra sans doute attendre jusqu’au deuxième trimestre de 2022 pour que le PIB réel de tous les pays du G7 excède le niveau atteint au quatrième trimestre de 2019.

Note : Le produit intérieur brut réel est mesuré sous forme de volume en dollars américains et selon les parités des pouvoirs d’achat constants. Les parités des pouvoirs d’achat sont des taux de conversion de devise qui tentent d’égaliser le pouvoir d’achat de différentes devises en éliminant les écarts de prix entre les pays. L’année de référence normalisée est 2015. Les trimestres marqués d’un astérisque sont des projections.     
Source : Figure préparée par la Bibliothèque du Parlement à partir de données tirées de l’Organisation de coopération et de développement économiques, « Perspectives économiques No 110 – Décembre 2021 », OECD.Stat, base de données, consultée le 1 décembre 2021.

Évolution de l’emploi dans les pays du G7

Du quatrième trimestre de 2019 au deuxième trimestre de 2020, l’emploi au Canada et aux États-Unis a chuté de 12,6 % et de 13,2 %, respectivement. Pendant la même période, l’Italie, la France, le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont enregistré une baisse de l’emploi moins importante (3,3 %, 1,7 %, 1,7 %, 1,2 % et 1,0 %, respectivement). Selon les prévisions de l’OCDE, d’ici le quatrième trimestre de 2022, les niveaux d’emploi en France, au Canada, et en Italie devraient être égaux ou supérieurs au niveau d’emploi enregistré au quatrième trimestre de 2019 de 2,7 %, de 2,3 % et de 0,0 %, respectivement. Cependant, les niveaux d’emploi aux États‑Unis, au Japon, en Allemagne et au Royaume-Uni au quatrième trimestre de 2022 devraient demeurer en deçà de ce qu’il était au quatrième trimestre de 2019 (en deçà de 0,6 %, de 0,6 %, de 0,3 % et de 0,3 %, respectivement). La figure 3 illustre la variation de l’emploi dans les pays du G7, du quatrième trimestre de 2019 au quatrième trimestre de 2022.

Figure 3 – Évolution de l’emploi dans les pays du G7, du quatrième trimestre de 2019 au quatrième trimestre de 2022 (indice, T4 2019 = 0 %)

Cette figure illustre l’évolution de l’emploi dans les pays du G7, du quatrième trimestre de 2019 au quatrième trimestre de 2022. Du quatrième trimestre de 2019 au deuxième trimestre de 2020, l’emploi au Canada et aux États-Unis a chuté de 12,6 % et de 13,2 %, respectivement. Cependant, l’Italie, la France, le Japon, l’Allemagne et le Royaume Uni ont enregistré une baisse de l’emploi plus modeste de 3,3 %, de 1,7 %, de 1,7 %, de 1,2 % et de 1,0 %, respectivement, pendant la même période. Selon les prévisions, d’ici le quatrième trimestre de 2022, les niveaux d’emploi en France, au Canada et en Italie devraient être égaux ou supérieurs au niveau d’emploi enregistré au quatrième trimestre de 2019 de 2,7 %, de 2,3 % et de 0,0 %, respectivement. Pour leur part, le Japon, les États-Unis, l’Allemagne et le Royaume-Uni devraient enregistrer, au quatrième trimestre de 2022, un niveau d’emploi inférieur à ce qu’il était avant la pandémie, soit une baisse de 0,6 %, de 0,6 %, de 0,3 % et de 0,3 %, respectivement.

Note : Les trimestres marqués d’un astérisque sont des projections.
Source : Figure préparée par la Bibliothèque du Parlement à partir de données de l’Organisation de coopération et de développement économiques, « Perspectives économiques No 110 – Décembre 2021 », OECD.Stat, base de données, consultée le 1 décembre 2021.

Conclusion

Peu importe l’intervention budgétaire adoptée pour répondre à la pandémie de COVID-19, aucun des pays du G7 n’a réussi à éviter complètement le recul de son PIB réel pendant le premier semestre de 2020. Cependant, dès le troisième trimestre de 2021, seuls les États‑Unis — qui avaient opté pour les dépenses supplémentaires et les recettes cédées plutôt que pour les capitaux propres, les prêts et les garanties — avaient déjà comblé l’écart de leur PIB réel provoqué par la pandémie. La France, le Canada, le Japon, l’Allemagne et l’Italie devraient combler leur écart au premier trimestre de 2022, suivis par le Royaume-Uni dans le deuxième trimestre de 2022.

Bien que le Canada ait connu la deuxième plus importante baisse du niveau d’emploi, se classant juste derrière les États-Unis, il devrait être le deuxième pays du G7, suivant la France, à combler cet écart au chapitre de l’emploi lié à la pandémie pendant le quatrième trimestre de 2021. L’Italie est le seul autre pays du G7 qui devrait combler son écart au chapitre de l’emploi en 2022.

Auteur : Andrew Barton, Bibliothèque du Parlement



Catégories :Économie et finances, COVID-19

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