Bilan semestriel de l’économie canadienne : les premier et deuxième trimestres de 2020

(Available in English: Biannual Update on the Canadian Economy: First and Second Quarters of 2020)

Cette Note de la Colline présente les principales tendances de l’économie canadienne au cours des premier et deuxième trimestres de 2020. Au cours de cette période, le produit intérieur brut (PIB) réel du Canada a connu un déclin supérieur à 10 % en raison de la pandémie de COVID-19. Le taux de chômage a augmenté de 6,7 points de pourcentage entre la fin du quatrième trimestre de 2019 et la fin du deuxième trimestre de 2020.

Croissance du produit intérieur brut réel

La figure 1 montre que la croissance non annualisée du PIB réel a chuté de 2,1 % au premier trimestre de 2020 et de 11,5 % au deuxième trimestre de 2020. Cette réduction de l’activité économique est principalement attribuable aux mesures de distanciation sociale visant à freiner la propagation de la COVID-19.

Figure 1 – Croissance non annualisée du produit intérieur brut réel du Canada, du troisième trimestre de 2015 au deuxième trimestre de 2020 (%)

La figure 1 montre la croissance non annualisée du produit intérieur brut réel par trimestre, du troisième trimestre de 2015 au deuxième trimestre de 2020. Au cours de la période, la plus forte croissance trimestrielle est survenue au cours du deuxième trimestre de 2017, s’établissant à 1,2 %, tandis que le plus faible taux de croissance trimestriel est survenu au cours du deuxième trimestre de 2020, s’établissant à 11,5 %. Le produit intérieur brut réel s’est replié de 2,1 % au premier trimestre de 2020.

Remarque : Le produit intérieur brut (PIB) réel aux prix courants (mesuré en contributions à la variation en pourcentage, non annualisée) a été calculé par Statistique Canada et est fondé sur des données trimestrielles moyennes.
Source : Figure produite par les auteurs à l’aide de données rajustées en fonction de l’inflation et de variations saisonnières provenant de Statistique Canada, tableau 36‑10‑0104‑01, « Produit intérieur brut, en termes de dépenses, Canada, trimestriel (dollars x 1 000 000) », consulté le 29 septembre 2020.

Composantes du produit intérieur brut réel

Comme le montre la figure 2, la baisse de la consommation des ménages est le principal facteur ayant mené au ralentissement de la croissance du PIB réel au cours des premier et deuxième trimestres de 2020, causant un déclin de 1,8 et de 7,5 points de pourcentage au chapitre de la croissance du PIB réel pendant ces deux trimestres, respectivement. De plus, une baisse des exportations a causé un déclin de 0,7 et de 5,5 points de pourcentage au chapitre de la croissance du PIB réel pendant ces deux trimestres, respectivement.

Figure 2 – Contributions non annualisées en points de pourcentage à la variation du produit intérieur brut réel par composante, Canada, du troisième trimestre de 2019 au deuxième trimestre de 2020 (%)

La figure 2 montre les contributions non annualisées en points de pourcentage à la variation du produit intérieur brut segmenté par composantes du produit intérieur brut pour les troisième et quatrième trimestres de 2019 et les deux premiers trimestres de 2020. La contribution de la consommation des ménages était de 0,3 % au troisième trimestre de 2019, de 0,3 % au quatrième trimestre de 2019, de 1,8 % au premier trimestre de 2020 et de 7,5 % au deuxième trimestre de 2020. La contribution des dépenses publiques était de 0,2 % au troisième trimestre de 2019, de 0,1 % au quatrième trimestre de 2019, de 0,0 % au premier trimestre de 2020 et de 0,8 % au deuxième trimestre de 2020. La contribution des investissements des entreprises était de 0,3 % au troisième trimestre de 2019, de 0,1 % au quatrième trimestre de 2019, de 0,1 % au premier trimestre de 2020 et de 3,0 % au deuxième trimestre de 2020. La contribution des investissements en stocks était de –0,5 % au troisième trimestre de 2019, de 0 % au quatrième trimestre de 2019, de 0,2 % au premier trimestre de 2020 et de 2,0 % au deuxième trimestre de 2020. La contribution des exportations était de 0 % au troisième trimestre de 2019, de 0,4 % au quatrième trimestre de 2019, de 0,7 % au premier trimestre de 2020 et de 5,5 % au deuxième trimestre de 2020. La contribution des importations était de 0 % au troisième trimestre de 2019, de 0,3 % au quatrième trimestre de 2019, de 0,8 % au premier trimestre de 2020 et de 7,3 % au deuxième trimestre de 2020.

Remarque : La consommation des ménages comprend la consommation des institutions sans but lucratif, et les investissements des entreprises englobent les investissements de ces institutions.
Source : Figure produite par les auteurs à l’aide de données rajustées en fonction de l’inflation et de variations saisonnières provenant de Statistique Canada, tableau 36-10-0104-01, « Produit intérieur brut, en termes de dépenses, Canada, trimestriel (dollars x 1 000 000) », consulté le 16 octobre 2020.

Inflation

La figure 3 montre l’évolution de l’inflation de l’indice des prix à la consommation (IPC) à partir de données trimestrielles moyennes. Entre le troisième trimestre de 2015 et le premier trimestre de 2020, le taux d’inflation de l’IPC a oscillé dans les limites de la fourchette cible du taux d’inflation établi par la Banque du Canada (entre 1 et 3 %). Le taux d’inflation de l’IPC était de 0 % au deuxième trimestre de 2020, comparativement à 1,8 % au premier trimestre de 2020.

Toutefois, le gouverneur de la Banque du Canada a reconnu que l’IPC ne reflète pas avec exactitude l’expérience inflationniste actuelle des Canadiens, parce que leurs habitudes de dépenses ont énormément changé depuis le début de la pandémie de COVID-19. La Banque du Canada travaille avec Statistique Canada pour évaluer l’impact de ces changements sur l’inflation.

Figure 3 – Variation en glissement annuel du taux d’inflation de l’indice des prix à la consommation et fourchette cible du taux d’inflation de la Banque du Canada, du troisième trimestre de 2015 au deuxième trimestre de 2020 (%)

La figure 3 montre l’évolution de l’inflation de l’indice des prix à la consommation (IPC), exprimée en données trimestrielles moyennes, du troisième trimestre de 2015 au deuxième trimestre de 2020. Le taux d’inflation de l’IPC au deuxième trimestre de 2020 était de 0 %, comparativement à 1,8 % au premier trimestre de 2020. Entre le troisième trimestre de 2015 et le deuxième trimestre de 2020, le plus fort taux d’inflation est survenu au cours du troisième trimestre de 2018, s’établissant à 2,7 %, tandis que le plus faible taux d’inflation est survenu au cours du deuxième trimestre de 2020, s’établissant à 0 %.

Remarque : Le taux d’inflation de l’indice des prix à la consommation est calculé à partir de données trimestrielles moyennes.
Source : Figure produite par les auteurs à l’aide de données obtenues de la Banque du Canada, Données historiques – Inflation (taux de variation en glissement annuel), consulté le 29 septembre 2020.

Emploi

L’emploi total a diminué de 8,9 % au cours de la période allant de décembre 2019 à juin 2020. Les trois industries ayant connu les plus fortes diminutions d’emploi sont les services d’hébergement et de restauration (‑34,1 %); les autres services (‑15,6 %); ainsi que l’information, la culture et les loisirs (‑15,4 %). En termes absolus, les trois industries ayant connu la plus forte diminution sont les services d’hébergement et de restauration (‑424 900 emplois); le commerce de gros et de détail (‑222 600 emplois); et la construction (‑151 000 emplois). L’industrie des services publics est la seule à avoir connu une hausse de l’emploi au cours de la période (0,7 % ou 1 000 emplois).

Figure 4 – Variation de l’emploi, selon l’industrie, Canada, de décembre 2019 à juin 2020 (%)

La figure 4 montre l’évolution de l’emploi dans toutes les industries, de décembre 2019 à juin 2020. Dans l’ensemble, l’emploi a connu un repli de 8,9 % dans toutes les industries au cours de la période. Les cinq industries ayant connu les déclins les plus graves sont les services d’hébergement et de restauration, à 34,1 %; les autres services, à 15,6 %; l’information, la culture et les loisirs, à 15,4 %; le transport et l’entreposage, à 11,4 %; et la construction, à 10,9 %. Le secteur des services publics a été le seul à connaître une hausse de l’emploi, à 0,7 %.

Remarque : Les autres services comprennent la réparation et l’entretien; les services personnels et services de blanchissage; les organismes religieux, fondations, groupes de citoyens et organisations professionnelles et similaires; et les services aux ménages privés.
Source : Figure produite par les auteurs à l’aide de données rajustées en fonction de l’inflation et de variations saisonnières provenant de Statistique Canada, tableau 14-10-0355-01, « Emploi selon l’industrie, données mensuelles désaisonnalisées et non désaisonnalisées, et tendance-cycle, 5 derniers mois (x 1 000) », consulté le 21 septembre 2020.

Taux de chômage selon l’âge et le sexe

À la fin du deuxième trimestre de 2020, le taux de chômage global était de 12,3 %, ce qui représente une augmentation de 6,7 points de pourcentage par rapport à la fin du quatrième trimestre de 2019.

Ce sont les 15 à 24 ans qui ont connu la plus forte hausse du taux de chômage, soit 15,5 points de pourcentage. Chez les 25 à 54 ans, le taux de chômage a augmenté de 5,5 points de pourcentage, tandis qu’il a augmenté de 5,1 points de pourcentage chez les 55 ans et plus.

L’augmentation du taux de chômage a été plus forte pour les femmes, dans tous les groupes d’âge, mais surtout chez les 15 à 24 ans. Leur taux de chômage s’est établi à 28,2 %, comparativement à 27,8 % pour les hommes de ce groupe d’âge. La tendance à long terme de chômage plus élevé chez les hommes a donc pris fin.

Figure 5 – Taux de chômage au Canada selon le groupe d’âge et le sexe, Canada, du premier au deuxième trimestre de 2020 (%)

La figure 5 montre les taux de chômage au Canada selon le groupe d’âge et le sexe, pour les premier et deuxième trimestres de 2020. Pour le groupe des 15 à 24 ans, le taux d’emploi pour les deux sexes s’est établi à 12,5 % au premier trimestre et à 28,0 % au deuxième trimestre. Chez les femmes de 15 à 24 ans, le taux de chômage s’est établi à 12,1 % au premier trimestre de 2020 et à 28,2 % au deuxième trimestre de 2020. Chez les hommes de 15 à 24 ans, le taux de chômage s’est établi à 12,9 % au premier trimestre de 2020 et à 27,8 % au deuxième trimestre de 2020. Chez les 25 à 54 ans, le taux de chômage pour les deux sexes s’est établi à 5,4 et à 10,9 % au premier et au deuxième trimestre de 2020, respectivement. Chez les femmes de 25 à 54 ans, le taux de chômage s’est établi à 5,6 et à 11,3 % au premier et au deuxième trimestre de 2020, respectivement. Chez les hommes de 25 à 54 ans, le taux de chômage s’est établi à 5,2 et à 10,5 % au premier et au deuxième trimestre de 2020, respectivement. Chez les 55 ans et plus, le taux de chômage pour les deux sexes était de 5,3 % au premier trimestre de 2020 et de 10,4 % au deuxième trimestre de 2020. Chez les femmes de 55 ans et plus, le taux de chômage était de 5,2 % au premier trimestre de 2020 et de 10,6 % au deuxième trimestre de 2020. Chez les hommes de 55 ans et plus, le taux de chômage était de 5,3 % au premier trimestre de 2020 et de 10,3 % au deuxième trimestre de 2020.

Source : Figure produite par les auteurs à l’aide de données rajustées en fonction de l’inflation et de variations saisonnières provenant de Statistique Canada, tableau 14-10-0287-01, « Caractéristiques de la population active, données mensuelles désaisonnalisées et la tendance-cycle, 5 derniers mois », consulté le 29 septembre 2020.

Taux de change

De décembre 2019 à juin 2020, la valeur du yen japonais et de l’euro par rapport à la valeur du dollar canadien a augmenté dans les deux cas de 4,2 %, tandis que la valeur relative du dollar américain et du renminbi chinois a augmenté de 2,9 % et de 1,9 %, respectivement. Quant à la livre sterling britannique, sa valeur a diminué de 1,7 % relativement à la valeur du dollar canadien au cours de la même période.

Figure 6 – Variation des taux de change de certaines monnaies, de décembre 2019 à juin 2020 (%)

La figure 6 montre, pour la période de décembre 2019 à juin 2020, la variation de la valeur des devises étrangères suivantes par rapport au dollar canadien : une augmentation de 4,2 % pour le yen japonais et l’euro; une augmentation de 2,9 % pour le dollar américain; une augmentation de 1,9 % pour le renminbi chinois; et une diminution de 1,7 % pour la livre sterling britannique.

Remarque : Le taux de change représente le montant en dollars canadiens requis pour acheter une unité de monnaie étrangère. Par exemple, une hausse de 5 % du taux de change américain équivaut à une augmentation de 5 % de la valeur du dollar américain par rapport à la valeur du dollar canadien.
Source : Figure produite par les auteurs à l’aide de données de Statistique Canada, tableau 33-10-0163-01, « Taux de change moyens mensuels en dollars canadiens, Banque du Canada », consulté le 21 septembre 2020.

Auteurs : Andrew Barton et Michaël Lambert-Racine, Bibliothèque du Parlement