L’UIP célèbre ses 130 ans : participation du Canada

(Available in English: IPU Celebrates 130 Years: Canada’s Engagement)

Durant la Journée internationale du parlementarisme, le 30 juin 2020, l’Union interparlementaire (UIP) conclura les célébrations entourant son 130e anniversaire, qui se sont déroulées toute l’année. En tant qu’assemblée interparlementaire la plus vaste et la plus ancienne au monde, l’UIP et ses 179 parlements membres, dont le Parlement du Canada, ont de quoi célébrer. Cette Note de la Colline examine la diplomatie parlementaire canadienne dans le contexte de l’appartenance du Canada à l’UIP.

La diplomatie parlementaire canadienne et l’UIP

L’UIP a été fondée en 1889 en tant que conférence interparlementaire sur l’arbitrage et le règlement pacifique des différends. Depuis, elle sert de tribune au sein de laquelle des parlementaires des quatre coins du monde peuvent représenter leurs électeurs sur la scène mondiale et échanger divers points de vue avec leurs collègues législateurs sur des enjeux internationaux. Ces enjeux comprennent des questions liées à la paix et la sécurité, à la démocratie, aux droits de la personne, à l’égalité entre les femmes et les hommes, et au développement durable.

Depuis de nombreuses années, l’UIP contribue à la participation de longue date du Canada à la diplomatie parlementaire. En effet, la participation du Canada à l’organisation mondiale précède la création d’un ministère fédéral qui s’occupe des affaires étrangères. Le Canada a participé pour la première fois à une conférence de l’UIP en tant qu’observateur en 1900, et il en est devenu membre en 1912.

Même si les conférences de l’UIP n’ont pas eu lieu durant les deux guerres mondiales, elles ont été reprises pendant que la guerre froide divisait une grande partie de la planète et que de nouveaux États indépendants émergeaient de la décolonisation. Le Groupe canadien de l’Union interparlementaire tel qu’on le connaît aujourd’hui a vu le jour en 1960, et il continue d’offrir aux parlementaires canadiens des occasions d’échanger des points de vue sur des enjeux mondiaux.

Participation canadienne à l’UIP

Les débats généraux aux Assemblées de l’UIP permettent aux délégués de présenter et d’entendre différents points de vue sur des questions internationales comme les régimes parlementaires et la responsabilisation du gouvernement, le droit international et l’économie mondiale. Les délégués canadiens participent régulièrement à ces débats. Lors des assemblées tenues au cours de la dernière décennie, ils ont partagé leurs points de vue sur des sujets comme des migrations plus humaines, les violations des droits de l’homme comme précurseur des conflits et le changement technologique.

Les délégations de l’UIP adoptent également des résolutions non contraignantes sur des questions d’intérêt commun. En rédigeant des résolutions et en y proposant des modifications, les parlementaires canadiens ont fait progresser les valeurs et les intérêts canadiens sur un éventail d’enjeux mondiaux. Parmi quelques exemples récents, mentionnons la rédaction conjointe de résolutions sur un monde exempt d’armes nucléaires et l’accès à la santé comme droit fondamental, en mettant l’accent sur les femmes et les filles.

Les modifications proposées par la délégation canadienne quant au rôle des parlements pour ce qui est de transformer la libéralisation des échanges en croissance inclusive et en réduction de la pauvreté, ont été incluses dans le texte final d’une résolution récente sur le rôle du libre-échange et de l’investissement dans la réalisation des objectifs en matière de développement durable.

À mesure que les crises éclatent, les délégations de l’UIP peuvent proposer des débats et des résolutions sur des circonstances majeures de portée internationale. Les points urgents proposés ou appuyés par la délégation canadienne témoignent des préoccupations du Canada à l’échelle internationale; la crise en Ukraine et la situation humanitaire en Syrie en sont des exemples récents.

Leadership canadien à l’UIP

Au fil des ans, les parlementaires canadiens ont joué un rôle prépondérant dans divers organismes de l’UIP, notamment au Comité exécutif, dans les diverses commissions permanentes, ainsi qu’auprès d’organismes plus spécialisés comme le Comité sur les questions relatives au Moyen-Orient et le groupe de planification pour la Conférence parlementaire sur l’Organisation mondiale du commerce.

Des Canadiens ont également présidé les deux Groupes géopolitiques dont le Groupe canadien est membre : le Groupe géopolitique des Douze Plus, qui rassemble 47 pays partageant des valeurs similaires, notamment divers États européens, l’Australie, la Nouvelle­-Zélande, Israël et la Turquie; et le Groupe Asie-Pacifique, qui regroupe 36 pays membres.

De même, les Canadiens ont participé à diverses réformes de l’UIP, notamment la création de nouvelles structures et activités, et la modification des lois de l’UIP. Par exemple, en 1975, les parlementaires canadiens ont entrepris les premières étapes qui ont mené à la création du Comité des droits de l’homme des parlementaires et ils remplissent depuis le rôle de président à l’occasion. La délégation canadienne a également joué un rôle dans la création du Sous-comité des finances du Comité exécutif en 2011, dans le but de renforcer la responsabilité financière et la transparence au sein de l’UIP.

Le Canada et les femmes parlementaires à l’UIP

Le Canada a joué un rôle déterminant dans la réorientation de l’approche de l’UIP à l’égard des sexes, en intégrant des perspectives sexospécifiques dans son travail et en faisant la promotion de l’égalité entre les sexes. Ces efforts ont contribué à l’officialisation de la Réunion (plus tard appelée Forum) des femmes parlementaires à l’Assemblée d’Ottawa en 1985 ; des délégués canadiens ont également exécuté des mandats à la présidence et à titre de membres du comité directeur. Ils ont également influencé la création du Groupe du partenariat entre hommes et femmes du Comité exécutif, en 1997.

Ces organismes ont influencé une série de modifications aux lois de l’UIP en exigeant la représentation des femmes au Comité exécutif, en encourageant les délégations à favoriser autant les femmes que les hommes, et en utilisant un style neutre dans les documents et les règlements officiels de l’UIP.

L’UIP a également travaillé à promouvoir l’égalité entre les sexes dans le cadre de son partenariat avec des organismes de l’ONU. Par exemple, l’UIP et ONU Femmes organisent conjointement une réunion parlementaire annuelle au cours des sessions de la Commission de la condition de la femme. Les parlementaires canadiens participent régulièrement à ces réunions afin de collaborer avec les représentants de l’ONU et leurs collègues parlementaires sur divers sujets liés à l’égalité entre les sexes, notamment au cours d’une réunion récente portant sur l’autonomisation des femmes et des filles en milieu rural.

Le Canada en tant que pays hôte des événements de l’UIP

L’engagement du Canada à l’UIP en tant que lieu de dialogue avec les parlementaires des quatre coins du monde se manifeste clairement dans sa volonté d’accueillir des événements de l’UIP. Le Canada a organisé des Assemblées en 1925, en 1965, en 1985 et en 2012, ainsi que la Conférence mondiale des jeunes parlementaires en 2017. En tant qu’hôte, le parlement du Canada est en mesure d’influencer l’ordre du jour pour souligner des enjeux d’importance pour les Canadiens. Par exemple, l’Assemblée de 2012 comprenait un débat sur la diversité et la tolérance, ce qui a entraîné l’adoption unanime de la Déclaration de Québec.

Les présidents du Canada à l’UIP

Les présidents du Sénat et de la Chambre des communes agissent à titre d’hôtes des événements de l’UIP au Canada. Ils ont joué un rôle particulièrement important pendant les premières années en encourageant la participation du Canada. Plus récemment, les présidents des deux chambres ont participé à la Conférence mondiale des présidents de parlements de l’UIP, qui a lieu tous les 5 ans depuis 2000. Ces événements de haut niveau permettent aux présidents de discuter de coopération internationale, de paix et de stabilité d’un point de vue parlementaire.

Conclusion

Au cours de ses 130 années d’existence, l’UIP a été confrontée au test des guerres mondiales, des idéologies et des régimes politiques concurrents, ainsi que d’un paysage international en constante évolution. Pendant tout ce temps, l’UIP est restée déterminée à faire progresser le rôle de la diplomatie parlementaire pour jeter les bases de la compréhension et de la coopération. Comme l’a constaté un délégué canadien lors d’une réunion de l’UIP en 1931 :

Si les conférences du genre sont si utiles, ce n’est pas seulement parce qu’on y discute de problèmes internationaux graves et urgents; c’est aussi parce que des délégués de partout dans le monde peuvent y tisser des liens et apprendre à se connaître. Pour cette raison, étant donné l’interdépendance croissante observée entre les pays, il ne peut y avoir trop de [telles] conférences.

Ressources supplémentaires

Union interparlementaire, Le 130e anniversaire.

Groupe canadien de l’Union interparlementaire.

Union interparlementaire.

Groupe canadien de l’Union interparlementaire, La collaboration Canada-UIP : Un centenaire à célébrer, Bibliothèque du Parlement, 2012.

Union interparlementaire, Stratégie 2017-2021 : Des parlements démocratiques plus forts au service du peuple.

Auteure : Natalie Mychajlyszyn, Bibliothèque du Parlement