Bilan semestriel de l’économie canadienne : les troisième et quatrième trimestres de 2019

(Available in English: Biannual Update on The Canadian Economy: Third and Fourth Quarters of 2019)

Cette Note de la Colline présente certains indicateurs relatifs à l’économie canadienne et met en lumière les grandes tendances observées au cours des troisième et quatrième trimestres de 2019. Au cours de cette période, le produit intérieur brut (PIB) réel du Canada a continué de croître, mais à un taux moindre qu’au cours du deuxième trimestre de l’année, et ce en grande partie à cause d’une baisse des investissements des entreprises et de la balance commerciale. Le taux de chômage est demeuré inférieur à 6 % durant les deux derniers trimestres de 2019, et le nombre d’emplois a augmenté à un rythme plus lent qu’au cours des deux premiers trimestres de 2019.

Croissance du produit intérieur brut réel

La figure 1 montre que la croissance annualisée du PIB réel est tombée à 1,1 % au troisième trimestre de 2019 et à 0,3 % au quatrième trimestre. Le quatrième trimestre de 2019 marque le plus faible taux de croissance annualisé depuis le deuxième trimestre de 2016, pendant lequel les incendies de forêt à Fort McMurray, en Alberta, avaient entraîné une forte baisse de la production et des exportations de pétrole. Selon Statistique Canada, le PIB réel a connu une croissance annuelle de 1,6 % en 2019, comparativement à 2,0 % en 2018.

Figure 1 – Croissance annualisée du produit intérieur brut réel d’un trimestre à l’autre, Canada, du premier trimestre de 2015 au quatrième trimestre de 2019 (en pourcentage)

La figure 1 montre la croissance annualisée du produit intérieur brut réel d’un trimestre à l’autre, du premier trimestre de 2015 au quatrième trimestre de 2019. Au cours de cette période, le taux de croissance trimestriel le plus élevé a été enregistré au troisième trimestre de 2016, soit 4,4 %, tandis que le taux de croissance trimestriel le moins élevé, soit -2,2 %, a été enregistré au premier trimestre de 2015. La croissance du produit intérieur brut réel s’est établie en baisse à 1,1 % au troisième trimestre de 2019 et à 0,3 % au quatrième trimestre de 2019.

Note : Le PIB réel aux prix du marché (mesuré en contributions à la variation en pourcentage, annualisée) a été calculé par Statistique Canada et est fondé sur des données trimestrielles moyennes.
Source : Figure produite par les auteurs à l’aide de données rajustées en fonction de l’inflation et de variations saisonnières provenant de Statistique Canada, tableau 36-10-0104-01, Produit intérieur brut, en termes de dépenses, Canada, trimestriel (x 1 000 000), consulté le 6 mars 2020.

Composantes du produit intérieur brut réel

Comme le montre la figure 2, la baisse de la valeur des exportations est l’un des principaux facteurs ayant mené au ralentissement de la croissance du PIB réel au cours des troisième et quatrième trimestres de 2019. Cette baisse a causé un déclin de 0,2 et de 1,7 point de pourcentage au chapitre de la croissance du PIB pendant ces deux trimestres, respectivement.

Une augmentation de la valeur des investissements des entreprises a ajouté 1,5 point de pourcentage à la croissance du PIB réel au troisième trimestre de 2019; une baisse au quatrième trimestre a retranché 0,6 point de pourcentage de la croissance du PIB réel.

La consommation des ménages avait ralenti au deuxième trimestre de 2019, mais elle s’est raffermie par la suite, ajoutant 1,1 et 1,2 points de pourcentage à la croissance du PIB réel aux troisième et quatrième trimestres.

Figure 2 – Contributions en points de pourcentage à la variation du produit intérieur brut réel par composante, Canada, du premier au quatrième trimestre de 2019 (en pourcentage)

La figure 2 illustre l’apport au changement en pourcentage du produit intérieur brut de différentes composantes du produit intérieur brut dans chacun des quatre trimestres de 2019. L’apport de la consommation des ménages a été de 1,4 % au premier trimestre, de 0,2 % au deuxième trimestre, de 1,1 % au troisième trimestre et de 1,2 % au quatrième trimestre. L’apport des dépenses publiques a été de 0,7 % au premier trimestre, de 0,2 % au deuxième trimestre, de 0,5 % au troisième trimestre et de 0,1 % au quatrième trimestre. L’apport de l’investissement des entreprises a été de 1,0 % au premier trimestre, de -0,3 % au deuxième trimestre, de 1,5 % au troisième trimestre et de -0,6 % au quatrième trimestre. L’apport de l’investissement en stocks a été de 1,9 % au premier trimestre, de -1,4 % au deuxième trimestre, de -1,8 % au troisième trimestre et de 0,6 % au quatrième trimestre. L’apport des exportations a été de -1,3 % au premier trimestre, de 3,3 % au deuxième trimestre, de -0,2 % au troisième trimestre et de -1,7 % au quatrième trimestre. L’apport des importations a été de -2,8 % au premier trimestre, de 1,4 % au deuxième trimestre, de 0,1 % au troisième trimestre et de 0,8 % au quatrième trimestre.

Note : La consommation des ménages comprend la consommation des institutions sans but lucratif, et les investissements fixes des entreprises englobent les investissements de ces institutions.
Source : Figure produite par les auteurs à l’aide de données rajustées en fonction de l’inflation et de variations saisonnières provenant de Statistique Canada, tableau 36-10-0104-01, Produit intérieur brut, en termes de dépenses, Canada, trimestriel (x 1 000 000), consulté le 17 mars 2020.

Inflation

La figure 3 montre l’évolution de l’inflation de l’indice des prix à la consommation (IPC) à partir de données trimestrielles moyennes. Du premier trimestre de 2015 au quatrième trimestre de 2019, le taux d’inflation de l’IPC a oscillé dans les limites de la fourchette cible du taux d’inflation établie par la Banque du Canada (entre 1 et 3 %). Le taux d’inflation de l’IPC était de 2,1 % au quatrième trimestre, comparativement à 1,9 % au troisième trimestre de 2019.

Figure 3 – Variation en glissement annuel du taux d’inflation de l’indice des prix à la consommation et fourchette cible du taux d’inflation de la Banque du Canada, du premier trimestre de 2015 au quatrième trimestre de 2019 (en pourcentage)

La figure 3 présente l’évolution du taux d’inflation de l’indice des prix à la consommation (IPC) en fonction des données trimestrielles moyennes, du premier trimestre de 2015 au quatrième trimestre de 2019. Le taux d’inflation de l’IPC au quatrième trimestre de 2019 était de 2,1 %, en hausse par rapport à 1,9 % au troisième trimestre de 2019. Au cours de cette période, le taux d’inflation le plus élevé a été enregistré au troisième trimestre de 2018, soit 2,7 %, tandis que le taux d’inflation le plus faible a été constaté aux premier et deuxième trimestres de 2015 où il s’établissait à 1,0 %.

Note : Le taux d’inflation de l’indice des prix à la consommation est calculé à partir de données trimestrielles moyennes.
Source : Figure produite par les auteurs à partir de données obtenues de la Banque du Canada, Données historiques – Inflation (taux de variation en glissement annuel), consulté le 6 mars 2020.

Croissance de l’emploi total, à temps plein et à temps partiel

L’emploi a connu une croissance totale de 1,1 % et de 0,5 % aux troisième et quatrième trimestres, respectivement. Au cours de cette période, presque tous les nouveaux emplois étaient à temps plein. Au quatrième trimestre, environ 15,5 millions de personnes avaient un emploi à temps plein et 3,6 millions de personnes avaient un emploi à temps partiel.

Figure 4 – Croissance annualisée de l’emploi total, à temps plein et à temps partiel d’un trimestre à l’autre, Canada, du premier au quatrième trimestre de 2019 (en pourcentage)

La figure 4 nous apprend que la croissance annualisée de l’emploi d’un trimestre de 2019 à l’autre a été de 3,0 % au premier trimestre, de 2,6 % au deuxième trimestre, de 1,1 % au troisième trimestre et de 0,5 % au quatrième trimestre; que la croissance annualisée d’un trimestre à l’autre des emplois à temps plein s’est chiffrée à 2,3 % au premier trimestre, à 2,8 % au deuxième trimestre, à 1,3 % au troisième trimestre, et à 0,7 % au quatrième trimestre; que la croissance annualisée d’un trimestre à l’autre de l’emploi à temps partiel a été de 6,1 % au premier trimestre, de 1,5 % au deuxième trimestre, de 0,4 % au troisième trimestre et de -0,3 % au quatrième trimestre.

Source : Figure produite par les auteurs à l’aide de données rajustées en fonction de variations saisonnières provenant de Statistique Canada, tableau 14-10-0287-01, Caractéristiques de la population active, données mensuelles désaisonnalisées et la tendance-cycle, 5 derniers mois, consulté le 17 mars 2020.

Taux de chômage selon le sexe, l’âge et le statut autochtone

En 2019, le taux de chômage au sein de l’ensemble de la population canadienne était de 5,7 %, ce qui représente une baisse de 10 points de base par rapport à 2018.

Cependant, en 2019, le taux de chômage variait sensiblement selon le sexe, l’âge et le statut autochtone. Chez les jeunes Autochtones de 15 à 24 ans, par exemple, le taux de chômage était plus élevé, à 16,6 %, que chez les non-Autochtones du même groupe d’âge (10,8 %). De plus, le taux de chômage chez les hommes autochtones âgés de 15 à 24 ans était de 17,3 % en 2019, comparativement à 15,7 % pour les femmes autochtones du même groupe d’âge.

Au sein de la population autochtone âgée de 25 à 54 ans, le taux de chômage était de 9,9 % chez les hommes et de 6,7 % chez les femmes en 2019, contre 4,8 % chez les hommes non autochtones et 4,4 % chez les femmes non autochtones du même groupe d’âge.

Figure 5 – Taux de chômage annuel au Canada, total et selon le groupe d’âge, le sexe et le statut autochtone, Canada, 2019 (en pourcentage)

La figure 5 montre les taux de chômage annuels au Canada selon le groupe d’âge, le sexe et la population autochtone en 2019. Dans tous les groupes d’âge et autant chez les hommes que chez les femmes, le taux de chômage des Autochtones est plus élevé que celui de la population non autochtone. Au sein du groupe des 15 ans et plus, le taux de chômage à l’échelle du Canada était de 5,7 %. Le taux était de 10,1 % chez les Autochtones et de 5,5 % chez les non-Autochtones. Chez les 15 à 24 ans, le taux de chômage des jeunes Autochtones est de 16,6 %. Le taux de chômage des jeunes hommes autochtones était de 17,3 % et celui des jeunes femmes autochtones, de 15,7 %. Chez les 25 à 54 ans, le taux au sein de la population autochtone est de 8,3 %. Le taux de chômage chez les hommes autochtones était de 9,9 % et il était de 6,7 % chez les femmes autochtones.

Note : Statistique Canada ne publie pas de données trimestrielles sur le taux de chômage selon le statut autochtone.
Source : Figure produite par les auteurs à l’aide de données rajustées en fonction de variations saisonnières provenant de Statistique Canada, tableau 14-10-0364-01, Caractéristiques de la population active selon la province, la région et le groupe autochtone, consulté le 6 mars 2020.

Variation des taux de change

De juin à décembre 2019, la valeur du renminbi chinois et de l’euro par rapport à la valeur du dollar canadien a baissé de 2,5 %, tandis que la valeur relative du yen japonais et du dollar américain a baissé de 1,7 et de 0,9 %, respectivement. Quant à la livre sterling britannique, sa valeur a augmenté de 2,5 % relativement à la valeur du dollar canadien au cours de la même période.

Figure 6 – Variation des taux de change de certaines monnaies, de juin à décembre 2019 (en pourcentage)

La figure 6 présente, pour la période de juin à décembre 2019, la variation de la valeur des devises suivantes par rapport au dollar canadien : augmentation de 2,5 % de la livre sterling britannique; augmentation de 0,9 % du dollar américain; baisse de 1,7 % du yen japonais; baisse de 2,5 % de l’euro et du renminbi chinois.

Note : Le taux de change représente le montant en dollars canadiens requis pour acheter une unité de monnaie étrangère. Par exemple, une hausse de 5 % du taux de change américain équivaut à une augmentation de 5 % de valeur du dollar américain par rapport à la valeur du dollar canadien.
Source : Figure produite par les auteurs à l’aide de données obtenues de Statistique Canada, tableau 33-10-0163-01, Taux de change moyens mensuels en dollars canadiens, Banque du Canada, consulté le 17 mars 2020.

Auteurs : Andrew Barton et Michaël Lambert-Racine, Bibliothèque du Parlement