Présidence canadienne du G7

(Available in English: Canada’s G7 Presidency)

En janvier 2018, le Canada a assumé la présidence du Groupe des Sept (G7). Le Canada accueillera les dirigeants et dirigeantes du G7 à l’occasion d’un sommet qui se déroulera à Charlevoix, au Québec, le 8 et 9 juin 2018. Le G7 est un groupe informel formé de sept démocraties industrialisées – le Canada, la France, les États‑Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Japon et l’Italie – dont les chefs se réunissent pour établir des positions communes sur les enjeux mondiaux les plus pressants. La présidence est assumée à tour de rôle par les différents pays, dans l’ordre susmentionné. La France assumera la présidence en 2019. Le dernier tour du Canada remontait à 2010.

Le G7 n’a pas de charte ou de secrétariat permanent. Le pays hôte est chargé de déterminer les thèmes de travail pour l’année, de préparer les réunions ministérielles et le sommet des dirigeants, et de mobiliser les pays non membres et des organisations. Les réunions aboutissent à la publication de documents faisant consensus, y compris des communiqués et des déclarations.

Cette infographie contient deux graphiques qui comparent la proportion du produit intérieur brut, en parité des pouvoirs d’achat (PIB, PPA) mondiale tenue par les membres du G7, avec la proportion de la population mondiale représenté par les membres du G7.

Contributions du Canada au G7

Le Canada a occupé la présidence du G7 à cinq reprises avant 2018 : en 1981 (Ottawa-Montebello), en 1988 (Toronto), en 1995 (Halifax), en 2002 (Kananaskis) et en 2010 (Muskoka). Sous la présidence du Canada en 2002, le G7 a entre autres produit le Plan d’action pour l’Afrique du G8, un cadre d’action établi dans le contexte du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, et le Partenariat mondial du G8 contre la prolifération des armes de destruction massive et des matières connexes [en anglais seulement], par lequel les pays du G8 se sont engagés à rassembler 20 milliards de dollars sur dix ans afin d’éliminer et de sécuriser les armes de destruction massive en Russie et dans l’ancienne Union soviétique. En 2010, l’Initiative de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau‑nés et des enfants a rallié les pays du G8, d’autres États et des organisations, qui se sont engagés à assurer un financement de 7,3 milliards de dollars sur cinq ans.

Programme du Canada pour le Sommet de 2018

Les thèmes de cette année du Sommet du G7 sous la présidence du Canada sont :

Selon des reportages [en anglais seulement] des médias, il y aura une séance spéciale sur la pérennité des océans le deuxième jour du Sommet de 2018. Des dirigeants de petits États insulaires et de certains pays d’Afrique, ainsi que des représentants d’organisations internationales clés se joindront aux dirigeants du G7. Cette activité remplacerait les rencontres directes du G7 avec des dirigeants africains, qui ont eu lieu lors des derniers sommets.

Pleins feux sur l’égalité entre les sexes

Le premier ministre Justin Trudeau a souligné que l’égalité entre les sexes serait un thème central de la présidence canadienne du G7. Ce thème prend appui sur plusieurs initiatives lancées durant la présidence de l’Italie en 2017. Par exemple, le premier forum W7  (Women’s 7) [en anglais seulement] a été tenu, réussissant des dirigeants de gouvernements, des universitaires et des représentants de la société civile pour discuter des questions touchant les femmes, comme le leadership, les écarts salariaux et la santé sexuelle et génésique.

Ce forum a contribué à l’élaboration de la Feuille de route du G7 pour un environnement économique respectant l’égalité entre les sexes, qui vise à assurer aux femmes « leur participation pleine et égalitaire à la société » en se concentrant sur les politiques des pays en matière de participation à la main-d’œuvre, d’entrepreneuriat et de renforcement économique.

Pour sa part, le Canada a établi le Conseil consultatif sur l’égalité des sexes. Le Conseil s’est réuni à Ottawa en avril 2018 pour s’acquitter [en anglais seulement] de son mandat, qui consiste à recommander « des mesures concrètes pour le G7 afin de promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans tous les domaines d’activité du G7. »

Formé de 21 personnes, le Conseil est coprésidé par la femme d’affaires et philanthrope Melinda Gates, et l’ambassadrice du Canada en France, Isabelle Hudon. Parmi les autres membres, mentionnons Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, Malala Yousafzai, activiste et lauréate du Prix Nobel de la paix, et Winnie Byanyima, directrice générale d’Oxfam International.

Historique et évolution du G7

La première réunion du G7 a eu lieu en 1975 dans le contexte de la récession mondiale ayant suivi la crise du pétrole de 1973. Les dirigeants de la France, de l’Italie, du Japon, du Royaume-Uni, des États-Unis et de l’Allemagne de l’Ouest ont formé alors le Groupe des Six. Le Canada s’est joint l’année suivante pour former le Groupe des Sept. Depuis 1977, des représentants de la Commission européenne et de l’Union européenne sont invités à participer aux activités du G7.

Le G7 est devenu le Groupe des Huit en 1998 lorsque la Russie s’est ajoutée à eux. En mars 2014, les dirigeants du G7 ont toutefois publié une déclaration afin de condamner la violation, par la Russie, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Le groupe a ensuite annulé sa participation aux activités associées à la préparation du sommet du G8 qui devait avoir lieu à Sotchi, en Russie, au mois de juin la même année. Le groupe est le G7 depuis.

D’abord axé sur la stabilité financière, le G7/G8 a commencé à aborder d’autres questions durant ses réunions, telles que la déroute des États, la prolifération des armes nucléaires, le terrorisme, l’autonomisation économique, la sécurité alimentaire ainsi que la santé des mères et des enfants.

La légitimité et l’utilité du G7 ont été remises en question à plusieurs égards, notamment en raison de la perte du poids économique de ses pays membres, autrefois immense, par rapport aux économies émergentes. Ces dernières années, le G7 a été supplanté par le Groupe des Vingt (G20) dans la gestion des enjeux économiques et le système financier mondial, et le G20, s’est hissé au rang des leaders mondiaux dans la foulée de la crise financière mondiale en 2008. Font partie de ce groupe tous les pays du G7, plus l’Argentine, l’Australie, le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, la Russie, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud et la Turquie.

Le programme du G7 devenant de plus en plus vaste et chargé, il est devenu apparent que certaines des questions abordées, comme la santé mondiale et le développement économique, touchaient des pays partout dans le monde. Au sommet de 2001, des dirigeants de l’Afrique ont été invités pour la première fois à participer aux discussions concernant l’Afrique.

Dans le contexte géopolitique actuel, le G7 a recentré son attention en tant que forum réunissant des démocraties aux vues semblables. Au cours des dernières années, il a discuté de la guerre en Syrie et des actions de la Russie en Europe de l’Est, ainsi que d’autres menaces à l’ordre international fondé sur des règles.

Sous la présidence de l’Italie en 2017 [en anglais seulement], les trois priorités du G7 étaient les suivantes : la sécurité des citoyens; la viabilité économique, environnementale et sociale et la réduction des inégalités; et l’innovation, les compétences et la main-d’œuvre à l’ère de la prochaine révolution de la production. Parmi les documents finaux, les dirigeants du G7 ont diffusé une déclaration sur la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

Consensus continu?

Le G7 est un organe fondé sur le consensus, et il peut être difficile pour ses membres d’en arriver à une position unifiée. Par exemple, dans le final communiqué produit à la suite du Sommet de 2017 à Taormina, l’Italie a noté les différences d’opinions durant les discussions sur le changement climatique et l’Accord de Paris [en anglais seulement]. Le communiqué final du sommet du G7 de 2018 à Charlevoix révélera les enjeux auxquels les sept pays ont convenu de continuer à porter attention et pour lesquels ils entendent agir.

Cette infographie montre les membres du G7, leurs chefs, leurs drapeaux et la population dans un graphique.

Autres lectures

Gouvernement du Canada, Présidence canadienne du G7 de 2018.

Université de Toronto, G7 Information Centre [en anglais seulement].

Zachary Laub et James McBride, “The Group of Seven (G7),” Council on Foreign Relations, 30 mai 2017 [en anglais seulement].

Nicholas Bayne, Staying Together: The G8 Summit Confronts the 21st Century, Ashgate, Burlington, 2005 [en anglais seulement].

Auteure : Marie Dumont, Bibliothèque du Parlement