Les filles et les femmes dans les domaines de la science, de la technologie, du génie et des mathématiques

(Available in English: Girls and Women in Science, Technology, Engineering and Mathematics)

Pour souligner la Journée internationale des filles, qui est célébrée le 11 octobre chaque année, la présente Note de la Colline examine la participation des filles et des femmes dans les domaines de la science, de la technologie, du génie et des mathématiques, communément appelés les STGM.

Les filles et les femmes dans les domaines de la science, de la technologie, du génie et des mathématiques à l’échelle mondiale

Les Nations Unies reconnaissent que la pleine participation des femmes et des filles dans les STGM est essentielle à l’atteinte de l’égalité entre les sexes. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), les femmes sont sous-représentées, à l’échelle mondiale, dans le secteur de la recherche scientifique et du développement expérimental, qui inclut l’ensemble des domaines des STGM. En moyenne, les femmes représentent 29 % des chercheurs dans le monde et 35 % des personnes faisaient des études supérieures dans les domaines des STGM.

Selon l’UNESCO, la participation des femmes dans ces domaines est non seulement primordiale à l’atteinte de l’égalité entre les sexes, mais doit aussi « être considérée comme un essentiel pour atteindre l’excellence scientifique et technologique. »

Les filles et les femmes canadiennes dans les domaines de la science, de la technologie, du génie et des mathématiques : aperçu statistique

Produit en 2017 par Statistique Canada, le rapport Femmes au Canada : rapport statistique fondé sur le sexe, montre qu’un pourcentage plus élevé de diplômés en STGM étaient des hommes que des femmes (voir la figure 1).

Figure 1 – Diplômés en STGM et dans d’autres domaines par sexe en 2011Figure 1 : Au Canada en 2011, les femmes constituaient 33 % des diplômés en STGM, comparativement à 61 % des diplômés de 25 à 64 ans dans les domaines autres que les STGM.

Note : Diplômés canadiens âgés de 25 à 64 ans en 2011.

En 2011, parmi l’ensemble des diplômés en STGM, les jeunes femmes de 25 à 34 ans formaient un pourcentage plus élevé des diplômées en STGM (39%) que les femmes de 55 à 64 ans qui avaient un diplôme dans ces domaines (23%). Le rapport indique que les femmes étudiaient surtout en sciences naturelles, par exemple en biologie, et étaient sous-représentées dans les domaines du génie et des mathématiques (voir la figure 2).

Figure 2 – Diplômés en STGM, par domaine et par sexe en 2011Figure 2 : Au Canada en 2011, parmi les diplômés en STGM, les femmes âgées de 25 à 34 ans représentaient 23 % des diplômés en génie, 59 % des diplômés en science et technologie et 30 % des diplômés en mathématique et informatique.

Note : Diplômés canadiens âgés de 25 à 34 ans en 2011.

Source : Les figures ont été produites par l’auteure à l’aide de renseignements tirés de l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011 de Statistique Canada, cités dans Sarah Jane Ferguson, « Les femmes et l’éducation : qualifications, compétences et technologies », chap. 8 dans Femmes au Canada : rapport statistique fondé sur le sexe, 7e édition, Statistique Canada, Ottawa, 2017.

Toutefois, on constate au Canada des différences parmi les groupes de femmes dans les domaines des STGM. Par exemple, en 2011, les femmes nées au Canada représentaient 70 % de l’ensemble des diplômées en science et technologie, mais les immigrantes constituaient respectivement 54 % et 65 % des diplômées en génie et des diplômées en mathématiques et informatiques.

En ce qui concerne les femmes autochtones dans les domaines des STGM, les données révèlent une tendance semblable à celle touchant les diplômées non autochtones en STGM au Canada. En 2011, les femmes autochtones et non autochtones diplômées en STGM détenaient, le plus souvent, un diplôme en science et technologie.

Compétences et connaissances en sciences et en mathématiques des jeunes âgés de 15 ans

Comme l’illustrent les figures 3 et 4 ci-dessous, bien que les femmes soient sous-représentées dans les carrières en STGM, les notes en mathématiques et en sciences recueillies dans le cadre du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) montrent que les filles et les garçons obtiennent des résultats comparables en sciences et en mathématiques dans leur pays respectif.

Figure 3 – Niveaux de réussite des filles et des garçons de 15 ans selon le PISA 2015, en sciences Voici une carte du monde préparée à partir de données de l’OCDE qui indique les endroits où la cote PISA, pour les filles de 15 ans en science, est supérieure, inférieure ou égale à celle des garçons du même âge. Le niveau le plus élevé atteint pour un pays ou une région dans cet ensemble de données et le niveau 4 sur 6, et cette cote représente une exception. Cet ensemble de données porte sur 71 lieux. La Chine compte quatre provinces participantes, soit Beijing, Shanghai, Jiangsu, et Guangdong. La cote des filles en Italie, au Luxembourg et à Singapour était inférieure, quoique seule Singapour a atteint les 3e et 4e niveaux. Bien que les filles aient obtenu une cote supérieure aux garçons en Géorgie, en Jordanie, au Monténégro et au Qatar, le niveau le plus élevé atteint par ces pays n’est que 2. Les niveaux sont égaux pour tous les autres pays figurant dans l’ensemble de données.

 

Figure 4 – Niveaux de réussite des filles et des garçons de 15 ans selon le PISA 2015, en mathématiquesVoici une carte du monde préparée à partir de données de l’OCDE qui indique les endroits où la cote PISA, pour les filles de 15 ans en mathématique, est supérieure, inférieure ou égale à celle des garçons du même âge. Le niveau le plus élevé atteint pour un pays ou une région dans cet ensemble de données et le niveau 4 sur 6, et cette cote représente une exception. Cet ensemble de données porte sur 71 lieux. La Chine compte quatre provinces participantes, soit Beijing, Shanghai, Jiangsu, et Guangdong. Il y a lieu de noter que le niveau atteint par les filles au Chili, au Taipei chinois, en Italie, au Luxembourg, en Espagne et en Uruguay est inférieur à celui des garçons, quoique le Taipei chinois en général a obtenu la cote la plus élevée, soit 3 contre 4. L’Algérie, Trinité-et-Tobago, la Lettonie, Macao et la Moldavie ont obtenu des cotes plus élevées pour les filles, mais seulement Macao a atteint les 3e et 4e niveaux. Les niveaux sont égaux pour tous les autres pays figurant dans l’ensemble de données.

Cartes produites par la Bibliothèque du Parlement, Ottawa, 2017, à l’aide de données de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Global Administrative Unit Layer. GeoNetwork, 2015; OCDE, Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), Compétences en mathématiques (PISA) 2015 : performance globale en mathématiques et Compétences en sciences (PISA) 2015 : performance globale en sciences. PISA Data Explorer, consulté le 3 octobre 2017 [en anglais seulement]. Le logiciel suivant a été utilisé : Esri, ArcGIS, version 10.3.1.

Au Canada, l’écart entre les résultats des garçons et des filles dans le domaine des sciences est relativement faible, par comparaison avec d’autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Or, l’OCDE signale qu’il y a un écart entre les garçons et les filles en mathématiques. Un rapport du Conseil des ministres de l’Éducation montre qu’en 2015, il n’y avait pas d’écart dans les résultats du PISA en sciences, mais que les garçons surpassaient les filles de neuf points en mathématiques.

Pourquoi les filles et les femmes sont-elles sous-représentées dans les domaines de la science, de la technologie, du génie et des mathématiques?

Un rapport de 2017 de l’UNESCO [disponible en anglais seulement] précise que la sous-représentation des femmes et des filles dans les programmes en STGM est attribuable, en grande partie, aux stéréotypes sexistes qui persistent. Il souligne que la sous-représentation des filles n’a rien à voir avec la capacité cognitive, mais plutôt avec les processus de socialisation et d’apprentissage qui façonnent l’identité, les croyances, les comportements et les choix des filles tout au long de leur enfance.

Pour encourager la participation des filles dans les domaines des STGM, le rapport suggère entre autres :

  • de présenter davantage les femmes dans les domaines des STGM dans les médias;
  • de rendre les programmes des STGM sensibles à la sexospécificité;
  • de veiller à ce que les filles aient des modèles de femmes dans les domaines des STGM;
  • d’accroître les possibilités de mentorat pour les filles et les femmes dans les domaines des STGM.

Initiatives parlementaires et fédérales canadiennes visant à encourager les filles et les femmes dans les domaines de la science, de la technologie, du génie et des mathématiques

Plusieurs initiatives parlementaires et fédérales ont été menées afin d’encourager la participation des filles et des femmes dans les domaines des STGM. Parmi les travaux parlementaires récents, citons :

  • le rapport produit en 2015 par le Comité permanent de la condition féminine de la Chambre des communes, intitulé Rapport 8 – Les femmes dans les métiers spécialisés et en sciences, en technologie, en génie et en mathématique
  • le rapport produit par le Comité permanent des finances de la Chambre des communes sur les consultations tenues en prévision du budget de 2017. Le Comité recommandait que le gouvernement augmente le financement accordé afin de promouvoir les programmes d’enseignement des compétences numériques et de programmation, en mettant l’accent sur l’augmentation de la participation des femmes dans les secteurs technologiques.

Voici quelques exemples d’initiatives récentes du gouvernement fédéral :

  • Le programme CodeCan, annoncé en juin 2017 par le ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique et la ministre des Sciences dans le cadre du Plan pour l’innovation et les compétences. Ce programme vise à encourager la formation en programmation et en perfectionnement des compétences numériques chez les jeunes de la maternelle à la fin du secondaire, et plus particulièrement à encourager les jeunes femmes, les Canadiens autochtones et les membres des autres groupes sous-représentés à poursuivre une carrière dans les domaines des STGM.
  • Le Plan d’action en matière d’équité, de diversité et d’inclusion, annoncé en mai 2017 par le gouvernement du Canada pour corriger la sous-représentation des femmes, des Autochtones, des personnes vivant avec un handicap et des minorités visibles parmi les détenteurs de chaires dans le cadre du Programme des chaires de recherche du Canada. Ce programme a pour but « d’attirer et de retenir certains des chercheurs les plus accomplis et prometteurs du monde ».
  • La campagne Optez pour les sciences, lancée en février 2017 par la ministre des Sciences afin d’encourager les filles à poursuivre des études et des carrières dans les domaines des STGM.

Son Excellence la très honorable Julie Payette, ingénieure et astronaute, a assumé les fonctions de gouverneure générale du Canada le 2 octobre 2017. Motivée dès son jeune âge à poursuivre une carrière en science, en technologie, en génie et en mathématiques, elle pourrait inspirer d’autres jeunes filles à faire de même.

J’ai grandi dans une société où le principe qu’une fille n’est pas capable existait de moins en moins. Dans ma famille, en tout cas, ça n’existait pas. »
– Son Excellence la très honorable Julie Payette.

Autres lectures

Catalyst, « Women in Science, Technology, Engineering, and Mathematics (STEM) », Knowledge Centre.

Commission européenne, SHE Figures 2015, Direction générale de la recherche et de l’innovation, Bruxelles, 2016.

Nadya A. Fouad et Romila Singh, Stemming the Tide: Why Women Leave Engineering, Université du Wisconsin-Milwaukee, 2011.

Organisation de coopération et de développement économique, Résultats du PISA 2015 (Volume I) : L’excellence et l’équité dans l’éducation, publication de l’OCDE, Paris, 2016.

Auteure : Clare Annett, Bibliothèque du Parlement