« L’égalité compte » : Le Canada célèbre la Journée internationale des femmes de 2017

(Available in English: “Equality Matters”: Canada Celebrates International Women’s Day 2017)

Cette année, pour souligner la Journée internationale des femmes le 8 mars, le Canada a choisi le thème suivant : L’égalité compte. Aux Nations Unies, le thème est celui-ci : Les femmes dans un monde du travail en évolution : une planète 50 – 50 d’ici à 2030.

La Journée internationale des femmes est l’occasion, pour la population canadienne et les parlementaires qui les représentent, de reconnaître les réalisations des femmes et de réfléchir aux défis à relever pour atteindre l’égalité des sexes.

La présente Note de la Colline explore différentes questions liées à l’emploi et à la rémunération des femmes, tant au pays qu’ailleurs dans le monde. Elle examine ensuite des initiatives parlementaires et du gouvernement fédéral en matière d’égalité des sexes et de genre. Pour terminer, elle attire l’attention sur la participation du Canada à la prochaine session annuelle de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies.

Femmes, emploi et rémunération : Perspectives canadiennes et mondiales

Lorsqu’on examine le taux d’emploi, le taux d’activité sur le marché du travail et le revenu médian d’emploi, on constate que les inégalités entre les sexes perdurent sur le marché du travail canadien.

Même s’ils ont connu une hausse au cours des dernières décennies, le taux d’emploi et le taux d’activité des femmes canadiennes demeurent moins élevés que ceux des hommes (tableau 1). En 2016, le taux d’emploi et le taux d’activité étaient de 57,5 % et de 61,3 % respectivement pour les femmes, alors qu’ils étaient de 64,9 % et de 70,3 % respectivement pour les hommes.

Tableau 1 – Taux d’emploi et taux d’activité sur le marché du travail selon le sexe, Canada, 1990‑2016

Remarque : Le taux d’emploi et le taux d’activité sur le marché du travail sont exprimés par le pourcentage des personnes de 15 ans et plus qui, dans chaque groupe de population, occupent un emploi et participent activement au marché du travail respectivement. Source : Tableau produit par l’auteur à partir des données de Statistique Canada : Tableau 282-0004, Enquête sur la population active (EPA), estimations selon le niveau de scolarité atteint, le sexe et le groupe d’âge, CANSIM (base de données), site consulté le 3 février 2017, ainsi que Tableau 282-0001, Enquête sur la population active (EPA), estimations selon le sexe et le groupe d’âge détaillé, non désaisonnalisées, CANSIM (base de données), site consulté le 17 février 2017.

De façon similaire, le revenu médian d’emploi des femmes canadiennes a augmenté au cours des dernières décennies, mais demeure tout de même moins élevé que celui des hommes (tableau 2). En 2014, le revenu médian d’emploi était de 27 100 $ pour les femmes et de 39 000 $ pour les hommes.

Tableau 2 – Revenu médian d’emploi selon le sexe, Canada, 1976‑2014

Remarque : Le tableau exclut les personnes sans revenu. Source : Le tableau a été produit par l’auteur selon les données de Statistique Canada : Tableau 206-0052, Revenu des particuliers selon le groupe d’âge, le sexe et la source de revenu, Canada, provinces et certaines régions métropolitaines de recensement, CANSIM (base de données), site consulté le 16 février 2017.

À l’échelle mondiale, les hommes actifs sur le marché du travail gagnent généralement beaucoup plus que leurs consœurs (tableau 3). Selon le rapport produit en 2016 par l’Organisation internationale du Travail, de 1995 à 2015, le taux d’activité est passé de 52,4 % à 49,6 % chez les femmes, et de 79,9 % à 76,1 % chez les hommes.

Tableau 3 – Taux d’activité sur le marché du travail à l’échelle du monde, selon le sexe, 2000-2013

Remarque : Le taux d’activité sur le marché du travail est exprimé par le pourcentage des personnes de 15 ans et plus qui participent activement marché du travail. Les données de 2013 sont les données les plus récentes disponibles.
Source : Le tableau a été produit par l’auteur selon les données des Nations Unies : The World’s Women 2015: Trends and Statistics, Département des Affaires économiques et sociales des Nations Unies, site consulté le 3 février 2017.

En outre, l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes – ONU Femmes – fait valoir qu’à l’échelle mondiale, les femmes reçoivent généralement de 60 % à 75 % du salaire des hommes, à travail égal.

ONU Femmes a aussi signalé [DISPONIBLE EN ANGLAIS SEULEMENT] que, dans le monde, les femmes sont plus susceptibles d’occuper un emploi précaire ou vulnérable et qu’elles assument de façon disproportionnelle les responsabilités non rémunérés du ménage – soit les travaux ménagers et les soins à la famille.

ONU Femmes a également indiqué [DISPONIBLE EN ANGLAIS SEULEMENT] que les femmes faisaient l’objet d’inégalités en matière d’emploi rémunéré. Ces inégalités, attribuables au sexe, comprennent le manque de lois garantissant un salaire égal pour un travail égal ainsi que des préjugés sur les femmes qui occupent des postes de leadership et de gestion.

Soutenir l’autonomisation économique des femmes canadiennes : Initiatives du gouvernement fédéral

Selon un rapport [DISPONIBLE EN ANGLAIS SEULEMENT] de l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’autonomisation économique des femmes fait partie intégrante de l’égalité des sexes et favorise par ailleurs la croissance économique rapide, solide et durable.

Au Canada, Condition féminine Canada est l’entité fédérale responsable de l’autonomisation économique des femmes. Dans son Rapport sur les plans et les priorités de 2016-2017, l’organisme indique qu’il s’emploie à améliorer la représentation des femmes aux postes de pouvoir. L’une de ses priorités est de soutenir les initiatives destinées à accroître la représentation des femmes aux conseils d’administration canadiens.

Le gouvernement fédéral appuie également l’entreprenariat chez les femmes. Par exemple, en novembre 2016, la ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme a annoncé que la Banque de développement du Canada investirait 50 millions de dollars pour stimuler l’entrepreneuriat des femmes dans le secteur des technologies.

Les femmes d’affaires canadiennes pourraient aussi bénéficier des retombées de l’annonce faite le 13 février 2017 par le premier ministre Justin Trudeau et le président américain Donald Trump sur le Conseil canado-américain pour l’avancement des femmes entrepreneures et chefs d’entreprise.

En outre, pour accroître le taux d’emploi des femmes dans les secteurs où elles sont actuellement sous‑représentées, le gouvernement fédéral a lancé une campagne pour inciter les jeunes femmes à faire carrière dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques.

Finalement, en reconnaissance du fait que la prise de décisions doit être étayée par des données, Statistique Canada fournit de l’information sur les femmes canadiennes en produisant des recherches et des rapports, comme Femmes au Canada : rapport statistique fondé sur le sexe.

Études et recommandations sur la prospérité économique des femmes : initiatives parlementaires fédérales

Outre les initiatives du gouvernement fédéral, des comités parlementaires effectuent des études sur des questions relatives à l’égalité des sexes et formulent des recommandations en la matière.

Par exemple, le Comité permanent de la condition féminine de la Chambre des communes a récemment entrepris une étude sur la sécurité économique des femmes au Canada. L’étude vise à explorer, sous l’angle de l’égalité des sexes, des questions comme le taux de pauvreté, le revenu des femmes, les programmes fédéraux en matière de sécurité du revenu, les travaux ménagers non rémunérés, l’emploi précaire et à temps partiel, ainsi que les mesures d’accroissement de la représentation des femmes dans des postes de leadership économique.

De plus, le projet de loi C-25, Loi modifiant la Loi canadienne sur les sociétés par actions, la Loi canadienne sur les coopératives, la Loi canadienne sur les organisations à but non lucratif et la Loi sur la concurrence, est étudié par le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie. On entend demander à certaines sociétés de fournir des données annuelles sur la diversité des postes de direction et de haute gestion.

D’autres comités parlementaires s’intéressent également à la participation et à la sécurité économiques des femmes. Par exemple, en 2016, le Comité spécial sur l’équité salariale a effectué une étude et produit un rapport sur l’équité salariale au Canada.

En février 2017, le Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées a par ailleurs lancé une étude sur les stratégies de réduction de la pauvreté et s’est attaché aux répercussions des différences entre les sexes sur la pauvreté au Canada.

Finalement, dans son rapport de décembre 2016 en vue des consultations prébudgétaires, le Comité permanent des finances a recommandé qu’on tienne compte de l’égalité des sexes dans l’élaboration des politiques fédérales.

Lutter contre les inégalités économiques mondiales entre les sexes : contributions internationales du Canada

Le Canada participe aux efforts déployés à l’échelle internationale pour accroître l’égalité entre les sexes.

Par exemple, depuis 1947, le Canada participe aux sessions annuelles de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies. Cette dernière est le principal organisme intergouvernemental mondial se consacrant exclusivement à la promotion de l’égalité entre les sexes et à l’autonomisation des femmes. Le 7 avril 2016, pour la première fois en près de 10 ans, le Canada a été élu à la Commission. Il y siégera de 2017 à 2021.

Depuis sa création, la Commission a participé aux efforts mondiaux de promotion de l’égalité économique des femmes et de leur autonomisation. Par exemple, en 1979, elle a formulé la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes, qui combine une déclaration internationale pour les droits des femmes et un plan d’action permettant aux pays signataires de garantir le respect de ces droits.

Du 13 au 24 mars 2017, soit quelques jours seulement après la Journée internationale des femmes, une délégation parlementaire fédérale assistera à la 61e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies. Le principal thème : l’autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en pleine évolution. On y mettra aussi l’accent sur l’autonomisation des femmes autochtones.

À titre de membre élu de la Commission, le Canada se trouve dans une position solide pour contribuer aux efforts mondiaux de promotion de l’égalité entre les sexes.

Ressources connexes

Munn-Rivard, Laura, Représentation des femmes dans les conseils d’administration au Canada, Bibliothèque du Parlement, Service d’information et de recherche parlementaires, mars 2015.

ONU Femmes, Le progrès des femmes dans le monde 2015-2016 : Transformer les économies, réaliser les droits, 2015.

ONU Femmes, Tackling the Gender Pay Gap: From individual choices to institutional change, mémoire no 6, 2016.

Auteure : Clare Annett, Bibliothèque du Parlement