Introduction aux véhicules sans conducteur et aux véhicules connectés

Les véhicules sans conducteur, aussi appelés voitures autonomes ou automatisées, ne relèvent plus de la science-fiction. Plusieurs constructeurs d’automobiles à travers le monde procèdent à des essais de prototypes de véhicules sans conducteur et de véhicules dit « connectés ». Présentement, les consommateurs canadiens peuvent avoir accès à de véhicules ayant un degré peu élevé d’automatisation ou de connectivité.

Le 20 septembre 2016, le Département des Transports des États-Unis a dévoilé ses lignes directrices [DISPONIBLE EN ANGLAIS SEULEMENT] en matière de sécurité pour les essais et la commercialisation de véhicules sans conducteur. Une liste de vérification comportant 15 points de sécurité et de performance fixe des attentes claires aux constructeurs.

Le 1er janvier 2016, le gouvernement de l’Ontario a lancé un projet pilote de 10 ans autorisant la mise à l’essai de véhicules sans conducteur sur les routes de la province.

La présente Note de la Colline examine certaines répercussions de cette nouvelle industrie.

Véhicules sans conducteur et véhicules connectés : deux technologies distinctes, mais complémentaires

Les véhicules sans conducteur et les véhicules connectés partagent certaines des mêmes technologies; un même véhicule peut à la fois être sans conducteur et connecté. Cependant, ces deux termes ne sont pas synonymes.

Les véhicules connectés utilisent des technologies sans fil pour se connecter à d’autres véhicules, selon un mode véhicule à véhicule (« V2V »). Ou encore, ils se connectent à l’infrastructure de transport, selon un mode véhicule à infrastructure (« V2I ») ou à des téléphones intelligents pour fournir aux conducteurs de l’information qui leur permet de circuler de manière plus sécuritaire. La figure 1 illustre ces technologies.

Figure 1 : Véhicules connectés

vehicules1

Le terme « véhicule connecté » peut également s’utiliser, de façon plus générale, pour décrire un véhicule doté de différentes capacités de télécommunications, telles qu’un système de localisation/navigation par satellite (GPS) ou de mise à jour automatique des logiciels.

Un véhicule sans conducteur utilise des capteurs, tels qu’un radar ou des caméras, assortis d’un ordinateur qui analyse son environnement et le conduit sans intervention humaine. La figure 2 illustre cette technologie.

Figure 2 : Véhicules autonomes (sans conducteur)

vehicules2

La connectivité n’est pas nécessaire en permanence au fonctionnement d’un véhicule sans conducteur. Mais une technologie de connectivité peut lui être utile ou essentielle à certaines fins, telles que le téléchargement de la dernière version des logiciels.

Encore quelques années d’attente

Des véhicules ayant un faible degré d’automatisation [DISPONIBLE EN ANGLAIS SEULEMENT] sont déjà offerts aux consommateurs. Le déploiement des véhicules ayant un degré d’automatisation plus élevé devraient commencer [DISPONIBLE EN ANGLAIS SEULEMENT] aux alentours des années 2020 et des années 2030.

Cependant, d’autres estimations [DISPONIBLE EN ANGLAIS SEULEMENT] portent à croire que les véhicules entièrement autonome ne deviendront communs et abordables que durant les années 2040 à 2060.

Pour les véhicules connectés, la technologie V2V a déjà fait l’objet de projets pilotes; elle devrait être disponible [DISPONIBLE EN ANGLAIS SEULEMENT] d’ici deux ans.

On prévoit que la technologie V2I devrait être déployée sur une période de plus de 20 ans au fur et à mesure que les infrastructures seront remplacées ou modernisées.

Amélioration de la sécurité et autres avantages importants

Un rapport publié en 2015 par le Conference Board du Canada énumère un certain nombre d’avantages offerts par les véhicules sans conducteur.

Le rapport souligne que les véhicules sans conducteur permettront probablement d’éliminer les collisions dues à une erreur humaine. Ils pourraient également constituer un moyen de transport adapté pour les personnes dans l’incapacité de conduire.

De plus, selon le Conference Board du Canada, les véhicules sans conducteur :

  • pourraient favoriser l’accroissement de location de véhicules à court terme (en tant que taxis sans conducteur sur demande) comme alternative à la possession d’un véhicule;
  • pourraient réduire les besoins en projets de transports en commun;
  • pourraient réduire les besoins en stationnements, libérant ainsi de l’espace urbain pour d’autres utilisations, telles que la création d’espaces verts;
  • pourraient être complémentaires des véhicules électriques, qui présentent l’avantage environnemental de produire moins d’émissions; et
  • ont tendance à être plus éconergétiques que les véhicules traditionnels, tout particulièrement lorsqu’ils sont également connectés.

Le rapport évalue que les retombées économiques annuelles des véhicules sans conducteur au Canada pourraient atteindre 65 milliards de dollars (en dollars constants de 2013).

Quant aux véhicules connectés, ils devraient aider [DISPONIBLE EN ANGLAIS SEULEMENT] leurs conducteurs à éviter les collisions, à naviguer plus efficacement sur les routes et à réduire leur consommation en carburant.

Les véhicules sans conducteur et les véhicules connectés suscitent des questions de politique à tous les ordres de gouvernement

Le déploiement des véhicules sans conducteur et connectés est associé, pour les décideurs politiques canadiens des trois ordres de gouvernement, à un certain nombre d’enjeux tels que :

  • la réglementation : peu de règlements ou de normes existent au Canada en matière de la sécurité et de l’utilisation de ces véhicules.
  • le maintien de l’ordre et de la sécurité nationale : ces véhicules pourraient avoir des répercussions sur les pratiques policières et être utilisés à des fins criminelles.
  • l’infrastructure : pour tirer le meilleur parti de ces véhicules, il pourrait être nécessaire de modifier les infrastructures publiques, ce qui pourrait avoir des répercussions sur les choix en matière d’investissements en infrastructures.
  • les transports en commun : le besoin en transports en commun traditionnels persistera dans les zones routières très sollicitées; cependant, des taxis sans conducteur pourraient faire concurrence aux transports en commun (ou les remplacer) sur les routes peu achalandées ou dans les petites et moyennes municipalités.
  • la protection de la vie privée : les véhicules sans conducteur et les véhicules connectés peuvent recueillir de grandes quantités de données personnelles; aucun cadre juridique n’existe à l’heure actuelle pour réglementer la propriété, l’utilisation et la protection de ces données.
  • l’urbanisme : on s’attend à ce que ces véhicules aient des répercussions sur l’étalement urbain, l’utilisation de véhicules, les espaces de stationnement et les transports en commun, ce qui aura probablement à son tour des répercussions en matière de planification de l’aménagement urbain et du transport.
  • les emplois : on prévoit que ces véhicules donneront lieu, selon les secteurs, à des créations et à des suppressions d’emplois; il n’est pas encore possible de dire s’ii y aura plus de créations d’emplois que de suppressions.
  • les assurances : ces véhicules pourraient réduire le coût des assurances et mener à l’instauration de primes d’assurance selon l’utilisation; pour les véhicules sans conducteur, la totalité ou une partie de la responsabilité pourrait être imputée aux constructeurs d’automobiles.
  • les activités de recherche et développement : les gouvernements peuvent jouer un rôle dans les activités de recherche et développement concernant ces véhicules; certaines parties prenantes sont d’avis [DISPONIBLE EN ANGLAIS SEULEMENT] que le Canada doit faire plus à cet égard.

Sources connexes

Chong, Jed, Véhicules autonomes et connectés: état d’avancement de la technologie et principaux enjeux stratégiques pour les pouvoirs publics au Canada, Publication no.2016-98-F, Service d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du Parlement, Ottawa, 29 septembre 2016.

LaRoche, Kevin, et Robert Love, Autonomous Vehicles : Revolutionizing Our World, Borden Ladner Gervais, 2016. [DISPONIBLE EN ANGLAIS SEULEMENT]

Lawson, Philippa et coll., The Connected Vehicle: Who is in the Driver’s Seat?, British Columbia Freedom of Information and Privacy Association, 2015. [DISPONIBLE EN ANGLAIS SEULEMENT]

United States Government Accountability Office (U.S. GAO), Intelligent Transportation Systems: Vehicle-to-Vehicle Technologies Expected to Offer Safety Benefits, but a Variety of Deployment Challenges Exist, novembre 2013. [DISPONIBLE EN ANGLAIS SEULEMENT]

U.S. GAO, Intelligent Transportation Systems : Vehicle-to-Infrastructure Technologies Expected to Offer Benefits, but Deployment Challenges Exist, septembre 2015. [DISPONIBLE EN ANGLAIS SEULEMENT]

Auteur : Jed Chong, Bibliothèque du Parlement