Indicateurs économiques : une vision graphique de l’économie canadienne

L’économie du Canada change sans cesse comme celle d’autres pays. Pour évaluer ces changements au Canada, il est possible – du moins en partie – d’examiner ce que l’on qualifie parfois de grands indicateurs économiques.

Sous forme de graphiques, cette Note de la Colline présente des informations tirées des données annuelles et mensuelles les plus récentes sur un certain nombre de grands indicateurs économiques comme :

  • le produit intérieur brut;
  • la valeur relative du dollar canadien et du prix du pétrole brut;
  • les taux de chômage, d’emploi et d’activité sur le marché du travail au pays; et
  • les différents taux d’intérêt, dont le taux cible de financement à un jour de la Banque du Canada.

Produit intérieur brut réel

Entre 2000 et 2014, la valeur, ajustée pour l’inflation, des biens et services produits au pays – ou le produit intérieur brut (PIB) réel du Canada – a augmenté à un taux annuel moyen de 2,0 %, soit celui le plus élevé des pays du G7.

En 2015, toutefois, le Canada se classait au quatrième rang des pays du G7 pour son taux de croissance du PIB réel, qui était de 1,2 %.

La hausse des prix de l’énergie a eu un effet favorable sur la croissance du PIB réel au Canada de 2000 à 2014, entraînant une augmentation des revenus et des investissements. Le taux de croissance plus faible enregistré en 2015 s’explique en partie par la chute des cours des produits de base.1

PIB réel par secteur

Entre 2007 et 2014, la production dans le secteur des services immobiliers, des services de location et de location à bail ainsi que la production dans le secteur du pétrole et du gaz ont augmenté à un taux annuel moyen supérieur à 2 %; par contre, la production du secteur de la fabrication s’est contractée.

En 2015, toutefois, la production dans le secteur du pétrole et du gaz a baissé de 5,6 %. Ce secteur comprend le sous‑secteur des travaux de génie, qui est responsable de la majeure partie du recul de l’activité du secteur, étant donné la diminution des travaux de construction liés à l’exploitation pétrolière et gazière. Le secteur de la finance et de l’assurance, ainsi que celui des services immobiliers, des services de location et de location à bail ont enregistré une hausse de 4,6 % et de 3,1 % respectivement cette année‑là.2

Les provinces

Entre 2000 et 2014, la croissance moyenne du PIB réel dans les principales provinces productrices de pétrole – soit l’Alberta, la Saskatchewan et Terre‑Neuve‑et‑Labrador – a dépassé la moyenne canadienne.

En Ontario et au Québec, la croissance du PIB réel enregistrée durant cette période a été inférieure à la moyenne nationale. Dans ces deux provinces, la part du PIB représentée par les investissements privés non résidentiels était en dessous de la moyenne nationale. Aussi, la croissance des exportations dans ces provinces pourrait avoir été freinée par la faible croissance de la demande pour ces exportations aux États‑Unis, l’appréciation du dollar canadien et l’intensification de la concurrence étrangère.

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Consommation non gouvernementale

En 2015, 1,1 point de pourcentage de la croissance de 1,2 % du PIB réel était attribuable à l’augmentation de la consommation non gouvernementale – ou privée; le reste, soit 0,1 point de pourcentage, a résulté d’une augmentation dans les autres composantes du PIB.

Depuis 2001, la consommation non gouvernementale a contribué de façon positive à la croissance du PIB réel chaque année, sauf en 2009. Entre autres facteurs ayant contribué à l’augmentation de ce type de consommation depuis 2001, il y a l’accroissement des revenus des ménages et l’augmentation du crédit à la consommation – cette dernière étant due en partie à la hausse des prix de l’immobilier et à la baisse des taux d’intérêt.4

Investissements non gouvernementaux

Les investissements non gouvernementaux – ou privés – sont volatils depuis 2009, année où leur contribution à la croissance du PIB réel a été négative. Par la suite, ils ont eu une contribution positive d’au moins 1,0 point de pourcentage pendant trois années consécutives; mais en 2013 et 2014, bien que la contribution ait été positive, elle a été relativement moindre.

En 2015, la contribution des investissements non gouvernementaux au PIB réel a été négative, notamment à cause d’une baisse des investissements dans le secteur énergétique.

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Consommation et investissements gouvernementaux

De 2001 à 2010, la consommation et les investissements de tous les ordres de gouvernement ont représenté annuellement, au total, au moins 0,5 point de pourcentage de la croissance du PIB réel; depuis lors, leur contribution a été relativement plus faible.

Cette diminution de la contribution est attribuable en partie à l’arrivée à terme des mesures de relance budgétaire mises en œuvre par les gouvernements canadiens pour stimuler l’économie pendant la récession de 2008‑2009.6

Exportations nettes

Durant la plupart des années 2001 à 2013, les exportations nettes du Canada ont contribué de manière négative à la croissance du PIB réel, car les importations augmentaient généralement plus vite que les exportations. De 2013 à 2015, la contribution des exportations nettes a été positive. En 2015, la contribution positive des exportations nettes découlait, en partie, de la dépréciation de la valeur relative du dollar canadien.7

 

Dollar canadien et le prix du pétrole brut

Depuis 2000, la valeur relative du dollar canadien a suivi généralement la même courbe que celle du prix du pétrole brut. Dernièrement, elle s’est dépréciée en même temps que les prix du pétrole brut ont reculé.

La dépréciation de la valeur relative du dollar canadien provoque une baisse des prix des biens et services produits au Canada par rapport aux biens et services produits à l’étranger, et donc une augmentation de la demande pour ces premiers. Par conséquent, la dépréciation récente devrait exercer une influence à la hausse sur les exportations nettes, mais d’autres facteurs peuvent aussi influencer l’évolution des exportations nettes.8

Taux de chômage

En 2015, le taux de chômage – correspondant au nombre de Canadiens de 15 ans et plus sans emploi et cherchant du travail, en pourcentage de ceux qui occupent un emploi ou cherchent du travail– était de 6,9 %, ce qui est en dessous du taux élevé de 8,3 % enregistré lors de la récession en 2009; mais supérieur au taux de 6,0 % d’avant la récession.

Depuis 1990, le taux de chômage chez les hommes est toujours plus élevé que chez les femmes. En outre, lors des récessions, le taux de chômage a eu tendance à augmenter proportionnellement plus chez les hommes que chez les femmes.

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Taux d’emploi

En 2015, le taux d’emploi – c’est‑à‑dire le pourcentage de la population totale âgée de 15 à 64 ans qui travaille – était de 72,5 %.

Ce taux est supérieur au bas taux de 71,4 % enregistré durant la récession en 2009, mais inférieur au taux de 73,5 % d’avant la récession.

Contrairement au taux de chômage, le taux d’emploi ne semble pas s’améliorer quand les personnes sans emploi se découragent et cessent de chercher du travail.10.png

Taux d’activité

En 2015, le taux de participation à la population active – correspondant au pourcentage de la population de 15 ans et plus qui occupe un emploi ou en cherche un – était de 65,8 %, en baisse par rapport au taux de 67,6 % enregistré en 2008.

La diminution du taux depuis 2008 est liée en grande partie au vieillissement de la population et aux départs à la retraite. Qui plus est, le taux d’activité des femmes, qui avait augmenté et exercé une pression à la hausse sur le taux de participation, a baissé depuis 2008 – mais pas de façon constant.11

Taux d’intérêt

Depuis 2008, la Banque du Canada a abaissé sensiblement le taux cible du financement à un jour, ce qui a eu des conséquences sur le taux du papier commercial de premier choix, le rendement des obligations d’État ainsi que les taux hypothécaires, entre autres.

En juin 2015, le taux cible du financement à un jour – qui est le principal instrument de politique monétaire de la Banque du Canada – était de 0,5 %.

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Note : Les figures ont été préparées à partir des données de Statistique Canada, le Bureau d’analyse économique des États-Unis, Office for National Statistics (Royaume-Uni), le Bureau du Cabinet (Japon), Eurostat, la Banque du Canada et le Fonds monétaire international.

Auteurs : Simon Richard et Dylan Gowans, Bibliothèque du Parlement