Évaluer le rendement environnemental du Canada

Penny Becklumb
Tim Williams
Section des ressources et de l’environnement

La santé des Canadiens et leur bien-être socioéconomique sont largement tributaires de la qualité de l’environnement. Pour l’évaluer, on peut notamment recourir à des indicateurs qui transmettent des renseignements complexes sous forme de mesures faciles à comprendre.

L’initiative des Indicateurs canadiens de durabilité de l’environnement (ICDE) est le principal moyen du gouvernement fédéral pour résumer les renseignements liés à l’environnement et les communiquer aux Canadiens.

En concertation avec les provinces, les territoires et des organisations du secteur privé, le gouvernement fédéral surveille divers aspects environnementaux au Canada. Dans le cadre de l’initiative des ICDE, le gouvernement utilise les renseignements recueillis pour établir des indicateurs environnementaux sur la qualité de l’air, la quantité et la qualité de l’eau ainsi que la protection de la nature.

Indicateurs sur l’état de l’environnement au Canada

Les ICDE rendent compte de la variation régionale de l’état de l’environnement au Canada, variation principalement attribuable à la concentration de la population, à l’activité économique régionale et à la géographie.

Présentement, la qualité de l’air est jugée acceptable au niveau national : depuis les quinze dernières années, les concentrations de polluants atmosphériques demeurent pratiquement inchangées ou diminuent. On constate toutefois que, dans certaines régions, des types de polluants atmosphériques sont en augmentation.

Les indicateurs sur la qualité de l’air sont comparés aux Normes canadiennes de qualité de l’air ambiant qui servent de points de repère pour mieux comprendre l’étendue du risque environnemental. Les résultats révèlent que les concentrations de particules fines et d’ozone sont inférieures aux normes au niveau national, mais supérieures aux normes dans certaines régions.

La qualité de l’eau douce des cours d’eau où les activités humaines sont les plus concentrées varie également. En effet, si la qualité est excellente ou bonne dans 45 % des cas, elle n’est que satisfaisante dans 37 % des cas et douteuse ou mauvaise dans 18 % des cas.

Les concentrations de phosphore, notamment, demeurent une source de préoccupation pour plusieurs étendues d’eau, notamment le Lac Winnipeg et certains Grands Lacs. Ces derniers comptent également un certain nombre de secteurs préoccupants, généralement des sites pollués depuis longtemps et visés par des mesures d’assainissement. Dans l’ensemble, malgré certaines disparités régionales, la qualité de l’eau au Canada s’améliore au fil du temps.

Au niveau de la protection de la nature, selon les ICDE, la situation de risque des espèces se dégrade ou ne s’améliore pas. De fait, parmi les espèces évaluées plus d’une fois, 66 % d’entre elles demeurent dans la même classification que l’évaluation précédente alors qu’environ 20 % passent dans des classifications de risque supérieures. On observe une amélioration de la situation de 14 % des espèces seulement.

Le site Web des ICDE présente plus de renseignements sur l’état de l’environnement au Canada.

Autres indicateurs environnementaux

Les indicateurs environnementaux correspondent au « modèle pressions-état-réponses » de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui sert à évaluer le rendement environnemental.

Selon ce modèle, « les activités humaines exercent des pressions sur l’environnement et affectent sa qualité et la quantité des ressources naturelles (« état ») »; par contre, « la société répond à ces changements en adoptant des politiques environnementales, économiques et sectorielles … (« réponses de la société ») ».

Les indicateurs environnementaux décrivent l’un ou l’autre de ces trois aspects du rendement environnemental. Les ICDE décrits ci-dessus sont des indicateurs de l’état de l’environnement. L’initiative des ICDE inclut également des indicateurs des pressions sur l’environnement et des réponses de la société.

En ce qui concerne les indicateurs de pressions, les émissions de gaz à effet de serre, de particules fines (y compris celles provenant de sources ouvertes telles que la construction de route) et d’ammoniac sont en hausse, tout comme les risques de contamination de l’eau attribuables aux pratiques agricoles.

Cependant, grâce à la mise en œuvre de politiques, les émissions de dioxyde de soufre et de métaux lourds sont en diminution.

La superficie des aires protégées est un indicateur des réponses de la société. Selon les ICDE, le nombre d’aires protégées au Canada augmente depuis les vingt dernières années. Actuellement, environ 10 % du territoire du pays (terres et eau douce) et 1 % de son territoire marin sont protégés.

C’est en Colombie-Britannique qu’on trouve le plus haut pourcentage d’aires protégées (15,7 %), et à l’Île-du-Prince-Édouard qu’on retrouve le plus bas pourcentage (2,8 %). La superficie des aires protégées est généralement plus petite au Sud qu’au Nord.

On peut mesurer la superficie du territoire actuellement protégé du Canada à l’engagement pris par le Canada en vertu de la Convention sur la biodiversité biologique de protéger au moins 17 % de ses aires terrestres et 10 % de ses aires marines d’ici 2020.

Gestion environnementale

Les ICDE ont été créés pour éclairer les décisions en matière de gestion environnementale et satisfaire à certaines obligations législatives de faire rapport de l’état de l’environnement et des progrès réalisés pour atteindre les objectifs de la Stratégie fédérale de développement durable.

La gestion environnementale relève des tous les ordres de gouvernement. Pour en savoir plus, on peut consulter la publication de la Bibliothèque du Parlement intitulée La réglementation environnementale : compétences fédérales et provinciales.

Le Commissaire à l’environnement et au développement durable vérifie la mise en œuvre des politiques fédérales relatives à l’environnement.

Le Canada dans le monde

Le site Web des ICDE présente des comparaisons à l’échelle internationale de la qualité de l’air en milieu urbain, des émissions de polluants atmosphériques, de la qualité de l’eau douce et des aires protégées. Il en ressort que, par rapport à certains pays développés, les émissions de polluants atmosphériques par unité de production économique sont élevées au Canada, mais que la qualité de l’air et de l’eau en milieu urbain y est relativement bonne.

Le Canada protège de vastes aires de son territoire. Or, en pourcentage, il accuse un retard par rapport à d’autres pays, particulièrement en ce qui a trait à la protection de ses aires marines.

Selon les exemples donnés du moins, le Canada s’en sort plutôt bien par rapport aux indicateurs d’état; en revanche, son rendement par rapport aux indicateurs de pressions et de réponses laisse à désirer.

Ressources connexes

Le Rapport du commissaire à l’environnement et au développement durable de décembre 2011 comporte de l’information sur la surveillance environnementale.

Statistique Canada publie un rapport annuel sur l’activité humaine et l’environnement.