Le don d’organes au Canada

Sonya Norris
Division des affaires juridiques et sociales

Tous les ans, le nombre de Canadiens en attente d’une greffe d’organe surpasse le nombre d’organes disponibles. En moyenne, 225 patients meurent chaque année dans l’attente d’une greffe.

Au Canada, la troisième semaine d’avril – du 19 au 25 avril cette année – est la Semaine nationale de sensibilisation aux dons d’organes et de tissus.

Les greffes d’organes en chiffres au Canada (2012)

Comment le Canada se compare-t-il à d’autres pays pour ce qui est des taux de dons d’organes? Quel est le potentiel d’augmentation du nombre d’organes disponibles pour transplantation?

Le Comité permanent de la santé de la Chambre des communes a étudié cette question il y a plus de 15 ans. En 2001, le gouvernement fédéral a créé le Conseil canadien pour le don et la transplantation; en 2007, ses responsabilités ont été transférées à la Société canadienne du sang (SCS).

Les statistiques en matière de don et de transplantation sont tenues par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS). Le gouvernement fédéral contribue financièrement aux efforts de la SCS pour accroître le don et la greffe d’organes et de tissus au Canada, ainsi qu’au travail de l’ICIS.

Les donneurs d’organes

Au Canada, on considère les donneurs d’organes selon trois points de vue :

  • Donneurs vivants et donneurs décédés – Bien que cette Note de la Colline traite surtout de la question des donneurs décédés, chez qui de multiples organes et tissus peuvent être prélevés, les donneurs vivants sont eux aussi nombreux dans la plupart des provinces canadiennes.
  • Mort cérébrale et mort cardiocirculatoire – Les organes de personnes décédées peuvent être donnés après leur mort cérébrale (parfois appelée mort neurologique), ou à la suite d’un traumatisme cérébral ou lorsque la personne est en situation de fin de vie sans mort cérébrale (un état aussi appelé mort cardiaque ou mort cardiorespiratoire).
  • Donneurs potentiels et réels – Bien que, pour de nombreux Canadiens, toute personne ayant consenti au don d’organes soit un donneur potentiel, très peu de personnes deviennent en fait des donneurs potentiels. Les donneurs potentiels sont ceux dont on a déterminé qu’ils sont de bons candidats au don au moment de leur mort. Le donneur réel (aussi appelé donneur effectif) est une personne décédée dont au moins un organe a été prélevé puis transplanté chez un receveur.

Taux de donneurs : comparaison internationale

Selon les données de l’ICIS, le taux de donneurs décédés au Canada était de 15,5 donneurs par million de personnes (DPMP) en 2012, ce qui représentait une augmentation de 17 % par rapport à 2003. Ce taux varie selon la région.

Figure 1 – Taux de donneurs d’organes décédés par région

Chart: Organ Donation Chart-Donors per million by region FR

Source : Produit par l’auteure à partir de données tirées de Institut canadien d’information sur la santé, Traitement du stade terminal de l’insuffisance organique au Canada, de 2003 à 2012 – rapport annuel du Registre canadien des insuffisances et des transplantations d’organes, p. 92.

Au Canada, entre 2003 et 2010, le taux de donneurs vivants a toujours été supérieur au taux de donneurs décédés. Toutefois, ces taux ont été semblables au cours des deux années suivantes, soit 2011 et 2012.

En 2012, le Canada comptait 1 079 donneurs d’organes, soit 540 décédés et 539 vivants. En moyenne, 3,2 organes sont prélevés et transplantés pour chaque donneur décédé.

Le taux de donneurs d’organes décédés du Canada semble se situer dans la moyenne par rapport aux autres pays. Bien que le taux canadien soit bien en deçà du taux de 25 DPMP des États‑Unis et de 35 DPMP de l’Espagne, il est presque le double du taux de 8 DPMP de la Nouvelle‑Zélande.

Le taux canadien est à peu près égal à celui des pays auxquels le Canada est souvent comparé pour ce qui est d’autres enjeux de santé, par exemple le Royaume‑Uni, qui présente un taux de 18 DPMP, et l’Australie, où le taux est de 15 DPMP.

Figure 2 – Donneurs réels décédés, 2012

Figure 2 – SIG : Donneurs réels décédés, 2012

Source : Global Observatory on Donation & Transplantation, Facts.

Éliminer les obstacles au don

De nombreux obstacles peuvent influer sur la probabilité qu’un donneur potentiel devienne un donneur réel. Parmi ces obstacles, il faut noter :

  • la déficience dans l’identification des donneurs potentiels et la transmission de l’information par le personnel médical;
  • l’incapacité à certifier la mort cérébrale ou la non-confirmation de la mort cardiaque dans des délais convenables;
  • l’absence d’une équipe de prélèvement d’organes ou du matériel connexe;
  • le fait que les ressources hospitalières sont surchargées;
  • la non-obtention du consentement des membres de la famille;
  • l’incompatibilité médicale du donneur;
  • une crise médicale imprévue empêchant le prélèvement d’organes;
  • l’incapacité à prélever ou à conserver les organes;
  • l’incapacité à trouver un receveur compatible ou à greffer l’organe du donneur.

Compte tenu des critères d’inclusion et d’exclusion en vigueur au Canada, qui définissent le bassin de donneurs potentiels, certaines mesures pourraient contribuer à accroître la proportion des donneurs potentiels qui deviennent des donneurs réels. Ces mesures comprennent notamment le renforcement de la formation du personnel médical, l’ajout de ressources hospitalières et l’incitation à la discussion des intentions des donneurs au sein des familles.

Si ces facteurs ne sont pas optimisés, le consentement des donneurs ne suffira pas pour assurer la réussite des dons.

L’ICIS souligne que le bassin de donneurs potentiels au Canada pourrait être élargi en acceptant les personnes de plus de 70 ans et en mettant à jour les critères d’exclusion de manière à mieux tenir compte de l’évolution des pratiques au Canada et à l’étranger. L’ICIS indique aussi qu’il faut améliorer l’identification des donneurs après la mort cardiaque.

Donneurs d’organes – le potentiel du Canada

Peu de Canadiens deviendront des donneurs d’organes à leur décès, peu importe qu’ils soient disposés à faire don de leurs organes, parce que plusieurs conditions doivent être respectées.

Selon les données détaillées sur les décès à l’hôpital (première condition d’admissibilité) en 2012, il y avait :charte pyramide : Selon les données détaillées sur les décès à l’hôpital (première condition d’admissibilité) en 2012

On pourrait accroître substantiellement le taux de donneurs décédés au Canada en améliorant la communication de l’information et le suivi des donneurs potentiels après la mort cardiaque.

De fait, sur les quelque 3 088 donneurs potentiels en 2012, seuls 540 sont devenus des donneurs décédés.

Parmi les donneurs réels, cependant, seulement un sur huit l’est devenu après une mort cardiaque, malgré le fait que, selon une évaluation des statistiques hospitalières, cette catégorie devrait être proportionnellement la même que celle des personnes devenues donneurs après une mort cérébrale.

Ressources connexes

Institut canadien d’information sur la santé. Transplantations d’organes.

Norris, Sonya. Dons et transplantations d’organes au Canada, publication no 2011‑113-F, Service d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du Parlement, Ottawa, 21 novembre 2014.

Société canadienne du sang. Organes et tissus.